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Tron l'Héritage, une nouvelle révolution ?

En 1982, les studios Disney révolutionnait le cinéma d'aventure et de l'image avec Tron, réalisé par Steven Lisberger. Vingt-huit ans plus tard, la suite sort sur nos écrans.




Sam Flynn, jeune homme rebelle de 27 ans est hanté par la mystérieuse disparition de son père, Kevin Flynn qui fut autrefois le meilleur créateur de jeux vidéo du monde. Cherchant à percer le mystère, il se retrouve soudainement aspiré dans un monde de redoutables programmes et de jeux mortels, celui-là même où son père vit enfermé depuis 20 ans. Avec l'aide de Quorra une farouche guerrière, père et fils s'engagent dans un périlleux voyage pour retrouve le monde réel.


Avatar avait terminé l'année 2009 en se posant comme un révolutionnaire, gageons que Tron fasse de même en ce début d'année 2011. Les comparaisons entre les deux films risquent de faire naître quelques débats, souvent dénués de sens puisque les deux films ne semblent pas vraiment comparables. Déjà parce que les univers sont totalement différents, aussi bien au niveau du visuel que de l'histoire. Tron n'est pas une réponse commerciale pour aller titiller le trône de James Cameron, quoique l'on pourrait en douter vu les moyens déployés. C'est une suite presque logique et toute trouvée, qui a mis plusieurs années à voir le jour. Tron qui naquit chez Disney au début des années 80 est un film qui était déjà révolutionnaire pour son époque de part sa capacité à utiliser l'image de synthèse et les décors virtuels. Il a probablement marqué une génération de jeunes enthousiastes à l'idée que le cinéma pouvait aussi être dans le virtuel le plus total, à l'image de Star Wars ou de l'Histoire sans Fin par exemple. Il a fallu attendre 2010 pour voir naître une suite, et la rendre un poil crédible. Sauf que la crédibilité de Tron Legacy (l'Héritage) ne s'affirme que sur un niveau, celui du visuel. N'allons pas nous voiler la face, Tron Legacy est un bijou futuriste, une aventure high-tech qui utilise la 3D (les techniques adjacentes principalement) comme jamais elle n'avait été utilisé au cinéma. Pourtant, cela ne veut pas dire que l'immersion en est plus. Si l'IMAX a peut-être une chance de faire voltiger son spectateur dans ce tourbillon d'images virtuels et de décors à couper le souffle, l'ingrédient 3D n'ajoute rien à l'esthétisme ambiant du film, et surtout à l'immersion propre du spectateur. En revanche, on ne peut nier ses qualités graphiques et son côté avant-gardiste : il suffit de voir que Tron a été tourné avec des objectifs de caméras inédits, des nouveaux ordinateurs ultra-puissants pour la création des décors et du monde virtuel (fortement basé sur les formes du premier opus) ou encore sur le fait Jeff Bridges va jouer face à son double, retouché virtuellement, soit beaucoup de premières pour un film de cinéma.




C'est en 2008 que l'aventure Tron Legacy prend réellement forme, lorsque le film-test d'un inconnu, Joseph Kosinski, est projet au Comic Con de San Diego. Sean Bailey et Steven Lisberger (qui est passé à la production) sautent sur l'occasion pour proposer au jeune réalisateur de faire ce deuxième opus. Si Kosinski est un inconnu au cinéma (puisque c'est son premier long), il ne l'est pas pour les professionnels de l'art virtuel, puisque ce diplômé d'architecture fut le réalisateur de plusieurs films publicitaires comme Halo, Gears of War ou Nike. Talentueux à ne pas en douter, Kosinsky donne un nouvel élan au film avec l'équipe qui l'entoure, aussi bien pour les décors hallucinants, ou même dans les costumes (eux aussi très avant-gardistes). Le deuxième point fort de Tron Legacy semble être son univers musical, en osmose parfaite avec l'image que l'on nous propose. C'est probablement la bande originale la plus célèbre actuellement, puisqu'elle fut créée par Daft Punk, le duo d'électro français, internationalement reconnu. Ce n'est pas un hasard de retrouver ces deux créateurs à l'affiche de cette BO, puisque outre l'aspect sidéral et électronique de la musique, Daft Punk tire son inspiration musical de départ de … Tron, le premier opus qui est sorti en 1982. Electronique et séduisante, la musique du duo se retrouve tout au long du film, soit dans une pure création, soit dans le jeu de bruitages qui mélangés dans le film donne un air musical.




Si pour l'instant tout semble trop beau pour Tron Legacy, on ne peut faire l'impasse sur le scénario. Tron Legacy a mis effectivement un gros paquet sur l'effet visuel, mais en revanche il semble qu'on ait oublié d'y mettre un scénario qui tienne la route. On évoque la relation père-fils comme point central du film, mais jamais cette relation ne captive le spectateur qui y préfère largement l'action. Pour palier à cette faiblesse, on a cherché à recouvrir tous les errements par une histoire complexe et alambiqué qui n'avait pas sa place ici. Une façon de faire sonner la coquille pleine, alors qu'elle est absolument vide. C'est un défaut que les acteurs n'arriveront pas non plus à faire oublier par une prestation de rang, sauf peut-être pour Jeff Bridges qui a livré ici un travail digne de son statut de star incontesté. Celui qui est passé par Starman (John Carpenter), Tucker (Francis Ford Coppola), The Big Lebowski (Joel et Ethan Coen) ou encore dans Lignes de vie (Tod Williams) et récemment Crazy Heart (Scott Cooper) qui lui ouvrit la porte des récompenses pour sa prestation saisissante d'un chanteur de country sur la voie de la perdition. Il donne la réplique à deux jeunes acteurs talentueux, que ce soit Garrett Hedlund (Troie, Eragon, Friday Nights Lights) dans le rôle de son fils, ou Olivia Wilde (Les Trois Prochains Jours, Conversations avec une femme) pour le rôle de sa protégée et confidente. On retrouve également Bruce Boxleitner qui revient sous la peau d'Alan Bradley, ou encore le charismatique Michael Sheen (Blood Diamond, The Queen, Oscar Wilde) qui apparaît sous les traits du fantasque et intriguant Castor, aux fortes ressemblances avec un certain Ziggy Stardust.


Vide de par son histoire, mais bluffant par son image, Tron Legacy ne laissera pas indifférent et devrait ravir les fans de la première heure, ainsi que les nouveaux qui vont ici découvrir que le cinéma futuriste peut nous emmener loin.


NOTE : 11 / 20





21/01/2011
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