Cine-emotions

L'Avocat : un plaidoyer plutôt limité

L'Avocat postule à raconter les déviances d'un ambitieux avocat, au risque de défendre un mafieux dangereux, et d'en faire dépendre sa vie.




Tout juste reçu au barreau, Léo est d’ores et déjà un avocat destiné à un grand avenir. Les clients les plus prestigieux ne manquent pas de faire appel à son talent inné pour le droit des affaires. Mais les apparences sont trompeuses, et Léo découvre bientôt derrière les entreprises qu’il défend les tentacules d’une organisation mafieuse. Bientôt, son sulfureux client l’entraîne sournoisement dans l’illégalité la plus grande, et une spirale de danger et de violence se referme autour de lui. Léo se retrouve confronté au choix le plus cornélien : comment sauver sa vie sans trahir son client ?


Prétentieux dans son style et surtout à travers l'image que laisse ressortir son personnage interprété par un plutôt mauvais Benoît Magimel, L'Avocat postule à raconte une fois n'est pas coutume, l'envers du décor chez nos amis du barreau. Magimel incarne ici ce talentueux avocat qui arrive à défendre un mafieux à l'air plutôt sympathique malgré ces multiples procès. Le rôle du « méchant mais pas trop » a été confié à Gilbert Melki, plutôt convaincant, même si son équipe joue sur les clichés de la bande mafieuse sudiste. De son côté Magimel est très loin d'un rôle à la hauteur d'autres prestations comme celles de l'Ennemi Intime ou La Pianiste. Pourtant le réalisateur Cédric Anger (réalisateur du Tueur en 2008 et scénariste du Petit Lieutenant pour Xavier Beauvois) soutient que ce rôle est taillé pour la prestance et le talent de l'acteur. Le personnage de Magimel fait de l'oral sa force de défense lors des procès, et c'est pourtant bien là que pêche notre acteur, jamais véritablement transcendant dans ces interventions, ni même à l'extérieur dans l'émotion qu'il est sensé faire paraître. Il faut que la prestation en second rôle d'Aïssa Maïga n'aide pas vraiment, et on se retrouve dans un ensemble très mou, à l'image du film assurément.




Il n'y a que dans l'aspect thriller que L'Avocat arrive à convaincre, dans la description et la mise en scène de cet engrenage infernal qui plonge le jeune avocat dans la tourmente et le danger. Même si le film se laisse regarder avec ses 1h40 de durée, le tout reste encore fiévreux et aurait pu être encore plus poussé, au lieu d'être poussif et de ne pas arriver au final à prendre son spectateur par les tripes. Si la caméra de Cédric Anger reste accrocheuse au-delà de son histoire simple et sonnant déjà-vu, L'Avocat ne s'avère pas plus pertinent que Commis d'office de Hannelore Cayre, où Roschdy Zem semblait tenir son rôle avec beaucoup plus de conviction. Inutile alors de faire entrer du vocabulaire juridique en masse pour paraître encore plus convaincant dans les dialogues, et tenter ainsi de remonter la pauvreté de ces derniers. Il y a comme l'impression que quelque chose n'est pas maîtrisé dans ce long métrage, comme si finalement on se contentait de faire quelque chose de facile, qui tiendrait dans un espace suffisant, mais sans en offrir plus. On commence à en voir trop de ces films qui laissent un spectateur enjoué sur le carreau.


NOTE : 9.5 / 20






31/01/2011
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