Cine-emotions

Monsters et les tentacules des genres.

Souvent comparé à son collègue District 9, Monsters intrigue le spectateur, mais reste t-il pour autant un bon film ?



Persuadé d'une activité extra-terrestre que la NASA aurait détecté dans notre système, une sonde est envoyé dans l'espace. Mais c'est cette même sonde de la NASA qui s’écrase lors de son retour dans la jungle mexicaine, libérant sur terre des particules d’une forme de vie extra-terrestre. Six ans plus tard, le Mexique et le Costa-Rica sont devenus des zones de guerre désertées par les populations locales, mises en quarantaine et peuplées de créatures monstrueuses. Un photographe est chargé d’escorter une jeune femme à travers cette zone dévastée. Seuls sur la route, ils vont tenter de rejoindre la frontière américaine...


Monsters pourrait être clairement une sorte de conte moderne S.F, coincé entre le style haletant d'un District 9 et le charme secret d'un E.T. C'est un peu le problème que pose ce film, forgeant ainsi son reproche principal : on ne sait pas où le situer, ni comment. Un coup le film joue sur le stress de ces bestioles ayant la forme d'une pieuvre géante un poil lumineuse, pouvant vivre dans l'eau et sur terre, et d'un autre, nos deux héros comprennent lentement mais sûrement comment adopter la bête en la regardant. La dernière scène du film dans une station essence désaffectée en est le symbole. Le film dont le propos pouvait être réaliste vire totalement dans le surréaliste du genre de la science-fiction. La romance n'arrive pas à se transformer en une réelle émotion, et la S.F n'est pas suffisante pour faire voyager son spectateur, le capter dans l'intrigue. Certaines phases frôlent le précipice de l'ennui, rattrapées par une petit dose d'adrénaline insufflée par ces adorables pieuvres géantes

 


Le point noir de ce Monsters est donc son appartenance à un genre que l'on arrive pas à vraiment à cerner clairement, laissant ce choix au spectateur. On ne peut satisfaire de l'unique histoire pseudo-romantique entre des deux héros, dont on connaît l'issue. Ce côté prévisible voulant combler l'intrigue semble totalement dénué de sens et d'intérêt. En revanche, la réalisation très esthétique de Gareth Edwards (que l'on retrouve aux effets spéciaux, à la photographie et aux décors) renforce l'aspect inquiétant du film. La caméra reste toujours à la limite de montrer le monstre, ou alors de loin avec une silhouette. La tension joue alors sur les sons, mais aussi les couleurs qui montent une ambiance déconcertante. On ne peut que penser à cet esprit qu'avait essayer de transmettre également Cloverfield à l'époque, laissant le mystère durer. Le plus étonnant dans tout cela, c'est que le budget du film s'élève à 200 000 dollars, salaires inclus ! Autant dire qu'avec peu de moyen, on peut signer quelque chose d'honorable. Et pour une première réalisation, on peut aussi se dire que le spectateur pourra compter sur Gareth Edwards dans ces prochains films.


Bien que Monsters soit un film moyen et prévisible dans son ensemble, le spectateur se retrouve face à une intrigue mystérieuse, un film allant aux contrées de différents genres, une réalisation peu coûteuse et esthétique.

NOTE : 11 / 20



MONSTERS - Bande-annonce (2) VF
envoyé par SND. - Regardez des web séries et des films.


01/12/2010
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