Cine-emotions

Winter's Bone, fresque glaciale d'une Amérique profonde

Grand Prix du Jury à Sundance 2010 et donc nouvelle référence du film indépendant (au moins pour l'année), Winter's Bone est devenu malgré lui un film attendu.





Ree Dolly a 17 ans. Elle vit seule dans la forêt des Ozarks avec son frère et sa soeur dont elle s'occupe. Quand son père sort de prison et disparaît sans laisser de traces, elle n'a pas d'autre choix que de se lancer à sa recherche sous peine de perdre la maison familiale, utilisée comme caution. Ree va alors se heurter au silence de ceux qui peuplent ces forêts du Missouri. Mais elle n'a qu'une idée en tête : sauver sa famille. A tout prix.



Les os de l'hiver, un souffle glacé venu du Sundance, la Silicon Valley du film indépendant, genre qui au cinéma commence à prendre presque plus de place que les blockbusters hollywoodiens, malgré un cruel manque de moyen. Souvent proche d'une certaine perfection, le secteur indépendant a régulièrement livré de belles pépites en témoignent les récents Frozen River (2008) ou Precious (2009). Petit à petit, ses films commencent à accéder aux grandes récompenses internationales, la preuve en était avec Precious et ses Oscars surprises l'an dernier. Ainsi Winter's Bone glane une nomination aux Golden Globes, puis cinq aux Independant Spirit Awards dont deux victoires (meilleur second rôle féminin et meilleur acteur), et enfin quatre nominations aux Oscars. Point commun de ces nominations : Jennifer Lawrence, nominée en tant que meilleure actrice. Sa prestation valait au moins ça. Sa douce allure réchauffe le spectateur face à la dureté des autres visages, et surtout face à l'histoire contre laquelle elle fait face avec courage et fierté. Elle incarne une jeune fille mineure à la recherche de son père poursuivit par la justice qui a mis le terrain de sa famille en guise de caution, risquant donc de mettre tout le monde à la rue.




Film sombre et froid, Winter's Bone livre une histoire convaincante mise en avant par une réalisation sans esbroufe et des interprétations convaincantes. Celle de John Hawkes est particulièrement intéressante, lui qui peut se ressentir à la fois comme un personnage très dur, et en même comme le père qui manque à Ree. La réalisatrice Debra Granik filme alors son histoire avec beaucoup de noirceur, comme pour mieux dépeindre la misère sociale d'une Amérique profonde souvent peu mise en avant. Ree Dolly (Jennifer Lawrence) fait partie de ces laissés-pour-compte et doit faire face aux problèmes alors que sa vie ressemble à une large blessure qu'elle doit elle seule recoudre. Quelques longueurs peuplent ce drame glaçant qui passerait presque pour un western moderne, mais l'ensemble est trop convaincant pour pouvoir en dire réellement du mal. Pour Debra Granik, obtenir une telle réception positive dans les nominations et la critique, c'est un gage de reconnaissance plus qu'intéressant. Elle réalisait avec Winter's Bone son deuxième long après Down to the bone qui avait brillé à Deauville en 2004. Elle réalisera par ailleurs les nouvelles aventures de Fifi Brindacier, dans un tout autre registre.


NOTE : 14 / 20



WINTER'S BONE : BANDE-ANNONCE VOST
envoyé par baryla. - Court métrage, documentaire et bande annonce.


07/03/2011
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