Cine-emotions

Halal Police d'etat : Eric & Ramzy de retour

De retour sur grand écran, le duo Eric & Ramzy se propose une petite virée communautariste pour se foutre de quelques clichés. Avec réussite ?




Paris 2011, un serial killer sévit dans les épiceries de Barbès. Parmi les victimes, la femme d’un diplomate Algérien. C’est assez pour que la Police Algérienne entre en jeu et mette à disposition de la Police Nationale Française le plus grand duo de flics d’Afrique du Nord: l’inspecteur Nerh-Nerh et Le Kabyle, deux blédards aux méthodes pas très … académiques.



Estampillé non sans visibilité par EuropaCorp la société aux allures de production US dirigée par Luc Besson, Halal Police d'État postule à faire rire … un public déjà clairement visé. Déjà parce qu'il se destine déjà clairement au public nord-africain et musulman, une force communauté en France. Halal joue la carte du communautarisme sans vergogne, bien qu'on y tente quelques tentatives d'humour avec un racisme décalé sur les chinois, les skinhead, la police française qui contrôle du rebeu à tout va, les français et leurs allures de pédales. Bref, ne lésinons pas sur les mots: si Halal a voulu faire de l'humour à ce niveau, c'est franchement raté. Là où le film peut se targuer de faire sourire, c'est sur quelques gags proposés par le célèbre duo, qui malgré l'originalité de la thématique, n'arrive guère à se renouveler. En 2001, il faisait rire plus de deux millions de spectateurs avec La Tour Montparnasse Infernale, avec ce qui sera leur marque de fabrique, des gags simples, souvent ridicules, mais qui amènent facilement le sourire, avec des clins d'oil. On retrouve les mêmes éléments le double succès que représente les comédies Double Zéro et Les Dalton, qui commençaient déjà à faire jaser au niveau de la critique. Suivent alors Steak et Seuls two, qui vire franchement au nanar foutraque. Mais surtout, ces films marquent une chute des fréquentations des salles pour le duo, qui se doit donc de se rattraper pour attirer de nouveau.




A défaut de nous faire réellement rire en nous apportant dans ce qui pourrait être un renouveau de la comédie populaire, où l'intégration et le respect de l'autre sont les maîtres mots, Halal cultive le sens du cliché d'une façon très vicieuse et franchement irrespectueuse. L'humour et blagues salaces autour des couleurs de peaux et origines virent presque au racisme sans concession, nouvelle façon déguisée de montrer les différences. Puis après avoir enchaîné les foutreries pendant 1h20, on nous balance un discours plombant sur l'égalité et la fraternité où le mot race (et ses variations) n'a pas sa place. Étonnamment, c'est le même discours sur le tout récent Rien à Déclarer. Et comme on sait que cela fonctionne au cinéma, pourquoi s'en priver. EuropaCorp saute sur l'occasion de promouvoir son film, empêchant toute critique avant le jour de la sortie, conscient que le film risque de ne pas plaire. D'ailleurs la Besson Company reste omniprésente à l'écran. Deux exemples : la présence assez visible de l'affiche de From Paris With Love, par le réalisateur de Taken, qui sont deux productions EuropaCorp (passons...) lors d'un briefing au commissariat, ou encore le double clin d'œil assez lourd au Grand Bleu (le grand succès de Luc Besson). Outre l'omniprésence d'EuropaCorp dans les clins d'œil, on notera aussi celui fait à Psychose et au personnage de Norman Bates, ici sous la peau de psychopathe concierge d'hôtel. Était-ce vraiment voulu ...




Halal ne fait pourtant pas crier au scandale, car il vaut le coup d'œil pour certains gags assez délirants, qui arrivent à détourner les rires. Exemple avec le coup du chat balancé dans la télévision pour arrêter un porno gay qui visiblement a fait de l'effet sur l'inspecteur Nerh-Nerh. On ne citera que celui-ci, non pas que ce soit le seul, mais parce que vu la contenu du film, ce serait idiot de tout spoiler et de gâcher tout effet de surprise au spectateur. On dit souvent que le spectateur va d'ailleurs voir une comédie pour éviter de se prendre la tête, et donc de s'y détendre pour le coup. Erreur fatale avec ce film de Rachid Dhibou (qui s'est fait les dents sur des making-of et qui visiblement ne sait pas réaliser) qui ressemble plutôt à une prise de tête, symbole en est ces scènes où des personnages parlent arabe sans tout-titrage. On revient donc au départ, c'est bel et bien un film destiné à un public ciblé, les autres, passez donc votre chemin !


NOTE : 7 / 20





20/02/2011
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