Cine-emotions

Stretch : la dernière de Carradine.

Stretch sera le dernier film où le spectateur pourra admirer pour la dernière fois David Carradine. Pas franchement un remerciement.



Christophe est un jeune jockey parisien pétri d’ambition et d’illusions. Mis à pied après avoir été contrôlé positif à l’issue d’une course, il choisit de s’expatrier en Asie, à Macao. Rapidement, son statut change. Les victoires en course se succèdent, lui amenant argent facile et conquêtes féminines. Mais Macao a ses règles, auxquelles Christophe pense pouvoir déroger. Les événements vont se précipiter alors que l’étau se resserre autour du jeune jockey. Poussé par l’amour d’une jeune femme chinoise moderne, distante mais obsédante, Christophe va finalement remettre son destin en jeu, mais cette fois sur le tapis vert.


Un des sous-titres du film pour vanter le mérite de Stretch se targue de dire « Certaines lignes ne doivent pas être franchies ». Charles de Meaux étaient-ils au courant que ce sympathique dicton pouvait aussi s'appliquer … à lui. Le problème de ce réalisateur est simple: depuis qu'il a explosé caché derrière Apitchapong Weerasethakul (il a produit ces quatre films, dont la dernière Palme d'or de Cannes), mais aussi réalisé l'intriguant Shimkent Hotel avec Romain Duris et Melvil Poupaud, le français est attendu au tournant. Une fois n'est pas coutume, Stretch est à l'image de la filmographie de ce réalisateur visiblement plus à sa place dans la production. Son dernier film s'en va donc bien loin de nos frontières (pas plus mal d'ailleurs) puisqu'on son héros a été contrôle positif après une course. Sur les voies de la rédemption mais aussi de la solitude (moment d'ailleurs très rapide dans le film), Christophe (Nicolas Cazalé) va apprendre des nouvelles manières d'être un jockey, sur le champ de course et en dehors. Sujet intéressant du film, il se retrouve face à la corruption, plus ou moins bien mise en avant. Quelques bons moments de tension ne suffisent pas à faire un bon long.


Avec un budget aussi conséquent, le spectateur peut être à même d'espérer un film de qualité. Le côté drame n'est crédible que sur le fond, mais en apparence, il y a plus de chance pour le spectateur qu'il s'énerve contre les prestations des acteurs enfermés dans leurs bulles, sans grande conviction à l'image d'un Nicolas Cazalé qui nous avait séduit dans Mensch et qui apparaît ici soit très effacé, soit mauvais dans son jeu. Par ailleurs, l'autre point faible reste la réalisation plutôt nerveuse qui se veut esthétique et exotique, mais qui n'apporte finalement pas grand chose au film. Avec une telle œuvre, le spectateur risque de très vite passer à autre chose parce que même en France il y a des cinéastes plus talentueux qui ne font pas perdre du temps à leurs publics. Le pauvre David Carradine dont le décès avait endeuillé le tournage (trois jours avant la fin, n'allons pas dire que ça handicape) n'aura pas l'occasion de voir le résultat final, ce qui pousserait les plus odieux à dire que ce film vient ternir une filmographie bien riche. Ils n'auraient pas tort. Le seul acteur qui semble convaincant (plutôt amusant dirions-nous) c'est Lowell Lo (homme qui compose plus qu'il ne joue) en interprétant le rôle du mafieux avec un certain charisme. Pour autant, même Stretch passe pour un mauvais film, il se laisse regarder. Mais vous êtes prévenu.


NOTE : 8.5 / 20



STRETCH : BANDE-ANNONCE VOST
envoyé par baryla. - Les dernières bandes annonces en ligne.


13/01/2011
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