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All That I Love : du punk dans une Pologne en mutation

Punk rock et contestation dans une Pologne en pleine mutation politique veulent ne faire qu'un pour le premier film du réalisateur polonais Jacek Borcuch, All That I Love.




La Pologne. Printemps 1981. L'époque est à la contestation. Quatre amis qui n'aiment rien tant que gratter leurs guitares et martyriser les fûts de batterie créent un groupe. Leur passion ? Le rock. Le punk rock, plutôt : Anarchy ! No future ! Et tous ces slogans revigorants… Dans les rues, le syndicat Solidarité de Lech Waleza déclenche des grèves massives. L'époque est à la répression. Et le punk rock n'est pas très bien vu des autorités ...




Loin de surfer sur et dans l'esprit de films sociaux façon britannique par exemple, ce film polonais qui se voudrait plus personnel et témoignage sociale finit par pondre l'ennui. Le cynisme et l'humour sont relativement absent, autant que le contexte politique des années 80 polonaises, où la morosité et le marasme économique primaient sur le reste. Plutôt que de faire un film politique un tantinet engagé, Jacek Borcuck (qui signe son troisième long, mais le premier distribué en France) croit pouvoir nous toucher avec une œuvre portée sur la jeunesse et principalement la vie adolescente. Le sujet se prêtait pourtant à un véritable film politisé, mais la distance reste durant tout l'ensemble du film. Quatre adolescents qui forment un groupe de punk-rock dont on entend trop peu de morceaux dans la bande originale (deux en une heure, alors que la musique semble être un point central, c'est limité) et qui symbolisent inconsciemment ce que désire la jeunesse à l'époque. S'évader à travers les paroles hargneuses d'une chanson qui prône la liberté pour une jeunesse fatiguée, ça parle lorsque c'est joué, mais l'effet s'estompe trop rapidement, laissant place à une sorte de morosité et à une volonté de s'attacher à la « vie adolescente » que l'on aimerait résumer à : Janek (un intéressant Mateusz Kosciukiewicz) va t-il s'offrir la belle quadragénaire du quartier ? Ce qui aurait pu être un film symbolique sur cette période qui marque le début de répulsion contre le régime communiste en place impulsé par Solidarnosc, finit dans une langueur décevante.


Trop personnel probablement, pas assez pertinent dans son ensemble, All That I Love reste un film parfois charmant, finalement doux, et loin d'être inoubliable.


NOTE : 11.5 / 20




26/04/2011
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