Cine-emotions

Blue Valentine : chronique d'une romance éprouvante

Blue Valentine a mis du temps à sortir en France. Une patience récompensée par une très belle romance dramatique sur l'érosion d'un couple.





A travers une galerie d’instants volés, passés ou présents, l’histoire d’un amour que l’on pensait avoir trouvé, et qui pourtant s’échappe… Dean et Cindy se remémorent les bons moments de leur histoire et se donnent encore une chance, le temps d’une nuit, pour sauver leur mariage vacillant.



Deuxième long métrage pour le réalisateur Derek Cianfrance, qui avait déjà frappé le cercle des films indépendants avec Brother Tied en 1998. Il a mis 11 ans à voir naître le projet de Blue Valentine, constamment rediscuté et travaillé. Perfectionniste, le réalisateur a poussé les deux jeunes acteurs à vivre ensemble et à improviser pour essayer de donner une part d'eux-mêmes, ce qu'ils arrivent à faire avec brio. Les nominations aux Golden Globes (pour les deux) et celle de l'Oscar pour Michelle Williams semblent alors très logiques. Les deux s'attirent, s'aimantent pour mieux se répugner. Michelle Williams et sa frimousse touchent par un naturel fragile, alors que Ryan Gosling s'avère de plus en plus pertinent dans le rôle du type qui a touché le fond et ne sait plus ce qu'il doit faire pour se ressaisir, au fur et à mesure que l'intrigue progresse. Blue Valentine met bien du temps à démarrer et à mettre en place sa situation, mais la fusion du duo (même dans la tristesse) fonctionne petit à petit, la musique signée Grizzly Bear commence à faire aussi son effet, et le propos romancé prend lui aussi de l'ampleur. Cianfrance filme donc l'érosion d'un couple qui ne peut plus communiquer ensemble. Outre les passages assez fantasques de cette nuit où ils tentent inconsciemment de sauver leur mariage, la caméra nous emmène dans le passé et reconstruit l'histoire. De la situation personnelle des deux personnages à la rencontre (avec un plan drague du personnage de Gosling assez déroutant), puis à l'affection entre les deux, le spectateur fait aussi l'apprentissage des sentiments qui enveloppent ce couple. Mais si la construction peut apparaître pertinente, le film aurait gagner à devenir franchement génial avec une véritable relation entre passé et présent et des séquences qui se répondent. Prenons par exemple un final (pas besoin de spoilers, elle est connue d'avance) qui met en opposition le mariage civil du couple et la séparation dans la douleur. On se trouve face à des scènes qui se répondent, bien que diamétralement opposées. Le problème, c'est qu'il faut donc attendre la deuxième partie du film pour avoir de l'émotion ascendante et une réelle force dans les propos.


NOTE : 13.5 / 20




20/06/2011
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