Cine-emotions

Au bistro du coin : film choral et régionalisme

Casting en or, régional et inspiré de la comédie sociale britannique, Au bistro de coin tente de faire sourire et proposer une comédie originale. En vain.




Dans un élan de solidarité, les habitants d’un quartier se mobilisent et décident de monter un spectacle au profit d’un sans-abri. Tout le quartier défile alors au bistro du coin pour les préparatifs, au grand dam de Manu. Bertrand le patron du pressing, Vasarelli le flic, Fanny la crêpière, et Jules le tout jeune musicien ! Derrière les bons sentiments se cache souvent la mauvaise foi. C’est l’occasion de joyeuses engueulades, mais aussi d’amitiés improbables et de discussions passionnées... Il faut dire qu’il n’est pas simple de s’entendre, même pour une bonne cause, avec de telles personnalités.



La bande annonce en disait déjà beaucoup. A la fois sur l'histoire, mais surtout sur l'idée fondamentale du film, sa cordialité affichée aux régions françaises qui se retrouvent dans un lieu socialement important par excellence, le bistrot. Donc le sous-titrage de certains teasers en breton, corse ou encore créole et ch'ti, n'était pas le blague, mais une réalité. Avec quel intérêt marketing, on se le demande encore ! Clin d'œil aux Bienvenue chez les Ch'tis ou Le Fils à Jo pour ne citer qu'eux, tout en passant par le Full Monty anglais typique, Charles Nemes (qui n'est pas non plus la belle fleur de la comédie sociale) tente de faire rire un public qui va pourtant rester amorphe, grâce à des ingrédients déjà bien utilisés. En effet, Au bistro du coin se plonge dans des clichés éculés, sans aucun intérêt réel, ni aucune profondeur psychologique chez les personnages, comme nos homologues anglais savent si bien le faire. On ne pourrait en retenir uniquement Fanny, personnage interprété par Frédérique Bel, qui semble être un clin d'œil à la Zézette du Père Noël est une ordure, en jouant la carte d'une femme pourtant sympathique mais doté d'un défaut physique, repoussé par les autres personnages qui l'entourent alors qu'elle souhaite ardemment jouer dans le spectacle instigué par Bertrand (Guy Lecluse).




Il semblerait pourtant que ce film dont l'idée vient de Fred Testot, dont on aurait aimé quelque chose de plus profond, assume ses erreurs sans le reconnaître en public. En interview déjà lorsque Sébastien Fechner déclare que « Le principe était de raconter un bout de vie de quartier en l'espace d'une journée et de ne jamais s'attarder sur un seul protagoniste, mais de traiter tous les personnages à égalité ». Le défaut est déjà ciblé avant l'heure : le film sera fourre-tout, sans s'attarder sur des points de caractères ou d'histoires de certains personnages. A la base très court, le film apparaît long puisqu'il reste en surface de tout, y compris de son sujet, en faisant seulement avancer son histoire et les différents problèmes que le spectacle rencontrent. Inutile d'évoquer le final qui est aussi présenté dans la bande annonce officielle. Ensuite dans la façon de distribuer le film : présent sur 87 copies, le film n'a pas bénéficié de projections presse ou autre, ne laissant d'occasion possible aux différents médias de s'exprimer sur le film. Une façon de désavouer le film avant l'heure, et montrer ainsi des premières faiblesses.




L'argument du casting semble l'un des intérêts du film. Autant les plus vicieux aimeraient se satisfaire du côté social du film, d'une sorte d'étude anthropologique sous forme de fiction d'un endroit bien particulier que représente le bar du quartier, qui ici marque le melting-pop régional voulu par le film. Charles Nemes dirige donc ce film choral, dont certains acteurs avaient déjà tourné avec lui. Il est celui qui dirigea dans H et La Tour Montparnasse infernale (qui reste son grand succès) le duo de comique Eric & Ramzy, tellement inséparable qu'on les retrouve aussi dans ce film pour des apparitions éclairs qui tentent aussi d'amuser le spectateur. On lui également Le Carton (qui n'en fut pas un) où il dirigeait Vincent Desagnat, le larbin à tout faire de Michael Youn, et Fred Testot. Ensuite, il signa Le Séminaire avec le duo Solo / Le Bolloc'h moyennement accueillis par la critique et surtout par le public. Dans ce film choral, on retrouve pêle-mêle Eddy Mitchell en guest-star, l'humoriste Jérôme Commandeur, un des Beaux Gosses Vincent Lacoste ou encore François Berléand en bibliothécaire alcoolo.


Pour résumer en quelques mots : si l'idée semblait bonne, le reste n'a pas suivi.


NOTE : 6.5 / 20





18/03/2011
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