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Les Bien-aimés : un gros casting ne fait pas tout

Quatre ans après Les Chansons d’amour, Christophe Honoré revient avec un casting quatre étoiles pour une comédie musicale sur le thème de l’amour et de ses transgressions.



 

Dans le Paris sixties et des Yé-yé, Madeleine (Ludivine Sagnier) s’adonne à la prostitution bien malgré elle, en plongeant dans les interdits (le vol par exemple). Elle tombe alors amoureux via ce « hobby » qu’est la prostitution, d’un médecin tchèque, qui s’avère être volatile. Cette relation sera le fil rouge du film, et finit par nous captiver par la force des sentiments qui s’en dégagent. De cette relation, Madeleine va avoir une fille, Vera, dont on va également suivre les pérégrinations amoureuses, de l’adolescence à la vie adulte dans le Londres des années 2000. Au départ, il est intéressant de voir l’image qu’elle a de sa mère, mais ses relations « amoureuses » avec Clément (le beau Louis Garrel) et Henderson (Paul Schneider) ne captivent pas franchement et amènent plus de pathos que de véritables sujets de réflexions. Elle est pourtant une sorte de miroir de sa mère (telle mère, telle fille, pourquoi pas). C’est donc plus l’histoire de sa mère Madeleine (Catherine Deneuve pour la version femme mature) qui intéresse, parce que mieux utilisée dans le temps (étalée sur quatre décennies tout de même), mixant les thèmes des sentiments amoureux, de la nostalgie du temps qui passe.


Côté casting, c’est l’image d’une superproduction qui ressort. Rétablissons un peu la vérité avant de crier aux gros cachets. Christophe Honoré rassemble ici ses acteurs fétiches : Louis Garrel (Dans Paris, Les Chansons d’amour, La belle personne), Ludivine Sagnier (Les Chansons d’amour) et Chiara Mastroianni (Non ma fille, tu n’iras pas danser). On y rajoute Catherine Deneuve pour une confrontation mère-fille avec Chiara (sa propre fille), savoureuse d’émotion. C’est aussi la première apparition ciné de Michel Delpech, chanteur de formation (comble pour lui : il n’y chante pas !) qui s’en sort très bien, avec beaucoup de simplicité. Enfin, on retrouve en guest le réalisateur Milos Forman (Vol au-dessus d’un nid de coucou, Larry Flint) qui avait signé une autre comédie musicale devenue classique avec Hair (1979). Une mention spéciale à Ludivine Sagnier qui illumine le film par sa beauté et sa fraîcheur, prêtant parfaitement ces traits à ceux d’une femme aux mœurs légères. Mais Honoré n’a rien révélé puisque la belle avait déjà été découverte dans ce registre pour 8 Femmes, et surtout Swimming Pool, deux films de François Ozon, avant d’en faire également les frais chez Fabienne Berthaud pour Pieds nus sur les limaces.



 

On n’enlèvera tout de même pas le talent de metteur en scène et de scénariste de Christophe Honoré. Il rend jaloux certains cinéphiles pas franchement adeptes de son cinéma un poil populaire mais glamour. Force est de constater tout de même qu’il est aujourd’hui l’un des rares à avoir la possibilité d’inscrire au générique un « écrit et réalisé par ». Reconnu par les critiques, Honoré s’impose dans les films fleuves (un peu comme Les Bien-aimés d’ailleurs), sans jamais en tirer des films que nous allons considérer comme des futurs grands classiques. Mais comme les Ozon, Desplechin et Klapisch, Honoré est un réalisateur qui évolue dans la cour des grands, et j’ai bien la sensation de piquer au vif quelques lecteurs.

 

Le souci principal des Bien-aimés, ce serait donc le genre du film. Une comédie musicale comme il en sort rarement aujourd’hui. Sauf que la BO en question n’est pas franchement grandiose. Alex Beaupain a peut-être signé une partition intéressante, mais les paroles ne volent pas très haut. Parfois, les rythmes des chansons égayent le film. J’ai bien dit parfois. On voit les limites de la BO lorsque l’on voit que le titre "I Got To Sleep" repris par Anika est repris plusieurs fois, amenant un ton différent.


Sur l’ensemble, Les Bien-aimés est plus attirant grâce à son propos et son histoire, plutôt que par ses éléments musicaux, censés être un plus pour le film. C’est par cet argument que le film de Christophe Honoré se détache de sa précédente comédie musicale, à savoir Les Chansons d’amour (2007).


Les Bien-aimés reste, au-delà d’un film musical un peu raté, une belle réflexion sur l’amour et le temps qui passe.


NOTE : 12 / 20



LES BIEN AIMÉS : BANDE-ANNONCE HD par baryla


02/09/2011
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