Cine-emotions

Mike : une histoire touchante en guise de premier film

Premier film pour Lars Blummer, qui respire le manque de moyen mais donne l'étrange sentiment d'un film tout aussi charmant.




Kembs. 4284 habitants. Mike, Fred et J-C, 20 ans, ont grandi dans ce village d’Alsace, à la frontière de l’Allemagne et de la Suisse. Ici, il n’y a pas grand-chose à faire… Dans l’indifférence quasi générale, le trio fonce tête baissée, sourire aux lèvres. Il s’amuse entre parties de foot de division d’honneur, plans foireux échafaudés au fond du garage, et virées en moto. Mais Mike a quelque chose en plus : depuis des années, il voue une véritable passion pour les voitures et a la fâcheuse habitude de les voler avant de les remettre à leur place, en toute innocence. C’est son moyen de locomotion très personnel. Plus que tout, il aime les conduire. C’est au volant d’une Porsche qu’il séduit Sandy. Avec elle, une véritable histoire d’amour commence. Elle apparaît comme sa meilleure chance, la plus lumineuse. Mais Mike est à cet âge incertain où des choix et de nouvelles règles s’imposent. Saura-t-il les accepter ?



Mike, c'est aussi l'histoire de Lars Blumer, inconnu du grand public et qui pour ce premier travail s'est entouré de noms très reluisants, séduits par un scénario original. A l'écriture déjà Grégoire Vigneron et Laurent Tirard pour épauler ce réalisateur plein d'espoir. Certes, sa mise en scène semble manquer d'ambition, mais son histoire et l'interprétation des acteurs font oublier totalement les petits défauts de débutant. On suit alors à la manière d'un petit road-movie dramatique et romantique en même temps, l'histoire de Mike (Marc-André Grondin). Enfant sans réel autorité parentale, celui que l'on considérerait comme « bon à rien », et qui trouve son vrai plaisir en s'évadant dans la nature à bord de voitures volés, qui seront rendues au final. Lui n'a pas trouvé de sens à sa vie, jusqu'à ce qu'il rencontre la jolie Sandy (Christa Théret). Mike tombe amoureux, mais son attitude le rattrape et Mike passera par une case prison. Le film donne une espèce de langueur presque charmante, le duo Grondin – Théret, bien que l'on connaisse les expériences de ces deux espoirs du cinéma français. Marc-André Grondin, plus omniprésent, touche par une sorte de sincérité, un naturel que peu d'acteurs ont finalement, il suscite très rapidement l'attachement du spectateur. Ce même attachement que nous pouvons avoir pour les autres personnages, que ce soit celui de Christa Théret, une jeune fille dans une famille un peu conventionnel, qui cherche elle aussi à connaître des nouvelles formes de liberté, mais non sans maturité. Son succès obtenu dans LOL est bien loin désormais, et avec une prestation comme celle-ci, elle fait également oublier la piètre performance dans le film fantastique Le Village des Ombres. Puis il y a comme un symbole Eric Elmosnino, dont le physique Gainsbourg n'a toujours pas changé. Son personnage est secondaire, il est une sorte d'écho à l'attitude de Mike (homme qui s'accroche à sa femme, comme Mike qui s'accroche aux mauvaises choses). Lui aussi apparaît beaucoup de naturel, il est un peu à l'image de ce film : nonchalant, charmant, touchant et captivant. Différents sentiments pour un petit film coup de cœur.


NOTE : 13.5 / 20




25/06/2011
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