Cine-emotions

Mais comment font les femmes ? : à l'ouest rien de nouveau

Énième adaptation d'un roman, c'est cette fois-ci le best-seller de la galloise Allison Pearson (« Je ne sais pas comment elle fait ») de faire l'objet d'une version cinématographique. Et encore une fois, c'est déplaisant à voir.



 

Kate est mariée, a deux enfants et un job épuisant. Professionnelle jusqu'au bout des ongles, elle jongle avec un emploi du temps de ministre pour concilier son travail, l'éducation de ses enfants et sa vie de couple. Sa vie est une succession de mini-cataclysmes auxquels elle doit trouver des solutions : comment réussir une conférence-call en préparant le diner de ses enfants ? Comment arriver à se faire des soirées entre copines quand le petit dernier est malade ? Comment être sexy avec son mari après 12h au bureau ? Mais comment font les femmes ? Si c'était si simple, les hommes feraient pareil…

 

L'ennui avec un film qui n'a pas été écrit sans être l'adaptation d'un roman évidemment bien connu dans le monde, c'est qu'on lui trouve une flopée de défauts. Bien plus que dans un film étiqueté « réalisé et écrit par ». La règle n'échappe pas au film de Douglas McGrath – réalisateur et scénariste de Scandaleusement célèbre – qui s'engouffre dans un profond ridicule pour ne jamais en ressortir. Dès les premières minutes, le film souffre déjà d'une authenticité qui manquera cruellement par la suite. Superficielle sur sa longueur, Mais comment font les femmes enchaîne les poncifs pour finalement rien nous apprendre sur ces femmes qui arrivent à conjuguer vie professionnel et vie de couple, avec des enfants. Logiquement, c'est le genre de sujet qui doit fonctionner, tant il concerne beaucoup de monde aujourd'hui. En parallèle, s'offre également à nous divers sujets : de la femme travailleuse qui ne veut pas avoir d'enfant (mais qui finit comme par hasard à en avoir un) à l'homme idéal qui prend les rênes de la famille quand la femme montre des faiblesses. On est dans le cliché complet, dans un film qui manque cruellement de sincérité et semble surfait. Jamais on n'y accroche et jamais il n'est intéressant.



 

Le roman d'Allison Pearson – vendu à plus de 4 millions d'exemplaires dans le monde – a fonctionné pour son écriture originale et sa forme. Une sorte de journal intime où les pensées et opinions se mélangent d'une façon savoureuse. Le plus, c'est que ce roman se distingue en attirant un lectorat masculin. Ce que le film n'arrive bien évidemment à nous faire ressentir, l'homme étant relégué au secondaire, largement dégagé dehors par la personne de Sarah Jessica Parker, à qui le personnage de Carrie Bradshaw colle toujours autant à la peau. Du défaut, on en trouve à la pelle. Que par exemple le film se passe à New York et Boston (dont la plupart des scènes sont tournées à New York par soucis d'économie et de rapidité) alors que le roman se passe à Londres. Tout le charme à la britannique passe donc à la superficialité qui pèse de l'autre côté de l'Atlantique. Esthétisée, superficielle, la mise en scène volontairement dégoulinante de dollars amène de la distance avec le spectateur. Car, nous en avons marre de voir constamment la même chose au cinéma, lorsqu'il s'agit des comédies (romantiques ou dramatiques) américaines. Et nous en avons aussi assez des adaptations bâclées et personnalisées qui perdent en authenticité. Rien de surprenant, on a toujours dit qu'il était difficile de faire des comédies en intéressant et captivant sur la longueur le spectateur. Mais comment font les femmes restent dans cette lignée, manque d'imagination et profondeur, restant sans aucun relief ni enjeux.

 

La citation : « Avoir un bébé accidentellement, c'est une erreur. J'aimerais alors que mon bébé soit un Justin Bieber : au début c'était une erreur et maintenant il est milliardaire ».


NOTE : 8 / 20




15/09/2011
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