Cine-emotions

Jimmy Rivière : en quête d'identité et de foi

Premier long métrage pour Teddy Lussi-Modeste, qui nous plonge dans son monde des Gens du Voyage à travers les choix d'un jeune Gitan.





Jimmy Rivière est un jeune Gitan, solaire, nerveux, parfois trop.
Sous la pression de sa communauté, il se convertit au pentecôtisme et renonce à ses deux passions : la boxe thaï et Sonia. Mais comment refuser le nouveau combat que lui propose son entraîneur ? Et comment résister au désir si puissant qui le colle à Sonia ?



En faisant le choix se porter son premier film sur un thématique qu'il connaît bien, Teddy Lussi-Modeste risque de s'attirer les foudres des pourfendeurs du communautarisme. D'autant que le réalisateur tout droit sorti de la fémis est issu de la communauté des Gens du Voyage et stipule donc à parler de quelque chose qu'il connaît dans les moindres recoins. Comme il a vécu sa jeunesse, Lussi-Modeste voulait « regarder le monde à partir d'elle » et donc ici derrière les traits de ce jeune homme qui donne son nom au film. Pour éviter la critique, Teddy Lussi-Modeste veut absolument se délecter de tous discours un poil engagé: « Le film ne dénonce ni ne revendique rien ». Pourtant le discours politique est obligatoire, et quelques scènes du film n'y échappe comme la rencontre avec deux politiques pour organiser la convention pentecôtiste. Le but est de nous faire découvrir l'envers du décor, entre la croyance religieuse et l'utilisation d'un vocabulaire théologique très précis, qui se met en opposition avec le langage très familier et presque vulgaire.




Du côté des acteurs, Guillaume Gouix devient vite énervant même si pourtant il est loin d'être un mauvais acteur. On y retrouve également Béatrice Dalle qui reste plutôt convaincante dans le peu de choses qu'elle a à faire, mais aussi Hafsia Herzi, révélation d'Abdellatif Kechiche (pour qui Teddy Lussi-Modeste voue une admiration cinématographique), mais qui n'arrive jamais à nous offrir un personnage de taille, si ce n'est sur une véritable scène. Trop léger, à l'image du film probablement. La pseudo révélation (sans jeu de mot religieux) viendrait plutôt du pasteur Gitan Serge Riaboukine, qui porte à lui tout seul la pensée et la visée du film. En faisant l'apologie du pentecôtisme, on découvre alors que celle-ci peut résoudre le problème de la violence (à l'inverse de la boxe), de se retrouver avec soi-même dans une quête du salut et de la paix. La religion met Jimmy face à ses choix, et on aurait peut-être un peu plus de brutalité dans le propos, ce qui aurait participé à mettre un peu plus de réalisme. La partie romantique du film est par ailleurs la moins crédible. Comme quoi, l'écriture de Rebecca Zlotowski (réalisatrice de Belle Épine) n'est pas un gage de réussite pour autant.


Il conclut derrière en espérant que « les spectateurs nous verront différemment, moins étrangers », pensant que la portée émotionnelle du film fera son effet. On ne peut pas contester que ce soit la cas, mais il n'est pas évident qu'on avait besoin d'un tel film pour changer d'avis sur la question.

Soyons clair, Jimmy Rivière ne peut pas devenir une référence, ni même un film utile malgré son belle histoire. Il est loin d'être aussi pertinent et réaliste qu'un documentaire neutre sur la question.


NOTE : 11.5 / 20


JIMMY RIVIÈRE : BANDE-ANNONCE
envoyé par baryla. - Les dernières bandes annonces en ligne.


20/02/2011
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