Cine-emotions

Un balcon sur la mer, souvenirs et mémoire.

Avec Un balcon sur la mer, Nicole Garcia réalise un drame efficace dans son ensemble malgré quelques petite irrégularités.


Dans le sud de la France, Marc, marié et père de famille, mène une vie confortable d'agent immobilier. Au hasard d'une vente, il rencontre une femme au charme envoûtant dont le visage lui est familier. Il pense reconnaître Cathy, l'amour de ses 12 ans dans une Algérie violente, à la fin de la guerre d'indépendance. Après une nuit d'amour, la jeune femme disparaît. Au fil des jours un doute s'empare de Marc : qui est vraiment celle qui prétend s'appeler Cathy ? Une enquête commence.


Un balcon sur la mer est un film à deux niveaux. D'abord par la rencontre dramatico-romantique entre ces deux personnages que sont Marc (Jean Dujardin) et Cathy (Marie-Josée Croze). Ensuite parce que c'est un film sur la Mémoire, celle de la guerre d'Algérie qui est évoquée en flash-back à travers les souvenirs de ces deux enfants, et d'un troisième, Marie-Jeanne. Lorsque Marc fait la rencontre de la belle supposée Cathy, on imagine déjà l'histoire. Trop belle pour être vraie, l'histoire va compliquer un peu la tâche de Marc, d'autant que la scénario rajoute derrière la petite trame d'une femme manipulée sous fond d'arnaques immobilières. Cette rencontre est surtout l'occasion pour Marc de faire face à son passé qu'il a longtemps repoussé, notamment à cause de sa famille. Dujardin s'efforce alors de rentrer dans ce personnage torturé, ce qu'il fait relativement bien, magnifié par la caméra amoureuse de Nicole Garcia. Il donne la réplique à une sensuelle et mystérieuse Marie-Josée Croze (Les invasions barbares, Ne le dis à personne, Le Scaphandre et le Papillon), actrice qui passe trop au second plan.


L'aspect de la Mémoire est peut-être encore un peu trop sous-jacente. En effet, le film peut en quelque sorte faire écho à celui sur la Seconde Guerre mondiale, celui de Gilles Paquet-Brenner, Elle s'appelait Sarah, où une journaliste affronte cette fois-ci le passé de sa famille pour éclaircir celui d'une autre femme disparue. Le style est comparable, non pas sur le plan de l'histoire, mais sur la façon de mettre en œuvre. C'est là que se détache le film de Paquet-Brenner, qui arrive à faire passer la Mémoire avant le côté dramatico-romantique, ce qui n'est pas le cas de Nicole Garcia qui malheureusement fait trop tourner son film autour de ses deux personnages, et cette espèce d'histoire immobilière qui ne devrait servir que de fond d'écran. Dommage car la portée du film aurait pu être plus virulente, notamment sur les souvenirs de la guerre d'Algérie où le film reste quand même très vague, même si là encore la Mémoire s'opère à travers les yeux des enfants. Inutile d'être larmoyant pour devenir un film efficace, mais on aurait peut-être aimé que Nicole Garcia se mouille un peu plus sur le propos de son film. Cela se remarque à ses personnages, parfaitement mis en scène, mais qui tourne en rond avec l'histoire, et finissent perdu, le final du film en étant la preuve.


Un balcon sur la mer reste tout de même loin de mettre en question la carrière cinématographique de Nicole Garcia et notamment celle de réalisatrice. Elle qui est passée par 15 Août (1986), Un week-end sur deux (1990), Le fils préféré (1994), Place Vendôme (1998), L'adversaire (2002) et Selon Charlie (2006), confirme sa régularité en signant Un balcon sur la mer en 2010. Elle revient elle aussi sur les traces de son enfance à Oran, donnant alors un peu plus d'importance au personnage de Marc Palestro, qui a volontairement oublié certains passages de son enfance pour ne plus à avoir à les affronter. Nicole Garcia a visiblement ici plus excellé dans la quête amoureuse (cette tentation qu'il y a entre ces deux personnages qui se retrouvent et la relation distante qu'entretient alors Marc avec sa femme et même sa fille) que dans la quête d'identité, où finalement Marc n'arrive pas à se retrouver. C'est aussi le cas pour Cathy, qui reste l'énigme du film, bien que le spectateur ait compris son identité. Les images de l'enfance algérienne reste encore floues, même si elles sont teintées d'émotion et de secret.


NOTE : 13 / 20 





20/12/2010
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