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Mon père est une femme de ménage : facile et touchant

Sujet facilement touchant, Mon père est une femme de ménage devrait réussir sur son objectif principal : faire tirer des larmes plutôt que donner un réel propos.





Polo a 16 ans et les complexes d’un ado de son âge. Entre une mère alitée et une sœur qui rêve d'être miss, le seul qui s’en sorte à ses yeux, c’est son père. Hélas, il est femme de ménage...


Clairement destiné aux « petites gens », sujet à la mode au cinéma (on se souvient de Mammuth par exemple), visant aussi une classe moyenne qui flirte avec le seuil de pauvreté, Mon père est une femme de ménage marque le retour de la comédie sociale, où la réalisatrice pose un regard réaliste et sans tabous sur cette société qui l'on voit si peu dans les médias. En apparence, car au cinéma, le penchant social est redevenu à la mode et fonctionne bien, que ce soit par l'humour parfois cynique, ou par son propos politisé. Si le premier niveau fonctionne plutôt bien avec quelques cinglantes réparties sur la jeunesse collégienne d'aujourd'hui qui prête à sourire ou encore sur les oppositions entre richesse exacerbée et la pauvreté ambiante au pied des cités, le propos d'ensemble est mitigé. François Cluzet incarne ce père qui essaye tant bien que mal de faire survivre sa famille, et tient une relation très particulière avec son fils (Jérémie Duvall, plutôt touchant dans ce rôle) qui rêve d'une autre vie tout en gardant en lui une colère intérieure qu'il ne peut exprimer clairement, sauf sur une scène frappante que le spectateur semble attendre avec impatience. En revanche, son propos (politisé ou non) flirte aussi avec le ridicule et les déclarations faciles et caricaturales. Faire le choix par exemple de prendre une bande de pote dont fait partie Polo, avec un jeune noir (qui rêve de rap d'une façon bien pauvre niveau culturel), un juif (très mou du genou, je-m'en-foutiste au possible) et un maghrébin (qui craint pour son image). Polo lui est presque transparent dans ce paysage, comme le fait si bien remarquer sa bande lors d'une scène qui est d'ailleurs à l'image du film : après une série de blagues un poil raciste, les trois avouent qu'il n'y a pas de blagues a faire sur les blancs, parce que leurs vies ne sont pas intéressantes. Il y a des vérités, c'est facilement dit, très réducteur parfois, mais l'effet d'ensemble arrive à prendre au tournant le spectateur perdu. Le spectateur qui était en droit de s'attendre à de la fracture avec des oppositions entre personnages et idées, n'a finalement pas grand chose de tout cela, mais plutôt un film léger, volontairement destiné à faire palpiter quelques cœurs dans le larmoyant.


Sans ennui, cette comédie sociale arrive à toucher malgré des propos ambigus et réducteurs qui semblent facilement contestables. Avec un peu d'humour et quelques bons passages, Mon père est une femme de ménage se laisse regarder sans trop de dégoût, probablement grâce à une prestation de l'homme à tout-faire, François Cluzet.


NOTE : 12 / 20



20/04/2011
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