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Scream 4, le retour en fanfare du tueur masqué

Grand classique du cinéma d'horreur et franchise à succès, la saga Scream revient sur grand écran pour un quatrième round, toujours réalisé par un Wes Craven loin d'être enterré.




10 ans se sont écoulés depuis les terribles meurtres commis par Ghostface. Sidney Prescott est parvenue à tourner la page mais c'est tout de même avec appréhension qu'elle retourne à Woodsboro pour le lancement de son premier roman.
Ses retrouvailles avec sa cousine Jill ainsi qu'avec le duo de choc Dewey et Gale seront de courtes durées : Ghostface est de retour mais cette fois-ci les règles vont changer.



L'aventure à dollars commence en 1996, date de sortie sur les écrans d'un film d'horreur apparemment anodin, signé de la patte d'un réalisateur lui par contre déjà reconnu, Wes Craven. Avant Scream, on lui doit notamment La dernière maison sur la gauche (1972), La colline a des yeux (1977) ou encore Les griffes de la nuit (1984), des futurs grands classiques du cinéma de genre. Reconnu et acclamé, Wes Craven n'a jamais pourtant fait l'unanimité dans un genre difficile où le fan s'avère être exigeant (Cursed ou Le sous-sol de la peur en sont les preuves critiques et publiques). Lorsque sort Scream, surfant sur la vague du tueur en série façon Halloween dont il s'est fortement inspiré, le succès est immédiat. Pour une petit budget de 14 millions de dollars, le film empoche plus de 170 millions, ce qui lui permet de réaliser dans la foulée le second opus qui sortira en France durant l'été 1998. Enfin, un troisième opus, beaucoup plus critiqué quant à lui, sortira en 2000. Le procédé de départ de Scream va devenir légendaire : une belle adolescente, est seule dans la maison familiale qui s'apprête à regarder un film d'horreur lorsque le téléphone sonne. Au bout du fil, un serial killer la malmène, et la force à jouer à un jeu terrible : si elle répond mal à ses questions portant sur les films d'horreur, celui-ci tuera son copain. Avec le fameux « What's your favourite scary movie » et non moins célèbre tueur Ghostface, Scream a marqué les esprits d'une génération qui a elle-même forgée la légende de la saga.




Dans la lignée des films d'exploitation gore dont Wes Craven a forcément écrit une page, Scream est un classique déjà référencé. Le réalisateur américain n'a donc plus rien à prouver, si ce n'est peut-être que ce quatrième vaut le coup d'œil et serait capable de relever le niveau du troisième volet. Le temps est passé, et Scream 4 veut désormais toucher une nouvelle génération comme il l'avait fait au beau milieu des années 90. En plus de se dédicacer lui-même la belle réussite que représente Scream, il rend un hommage assez vibrant à un cinéma qui l'a vu grandir. En citant par exemple Michael Powell comme le réalisateur ayant réalisé le premier film d'horreur avec le point de vue du tueur (Le Voyeur, en 1960, film par ailleurs dézingué par la critique à l'époque et ruina la carrière du réalisateur), Wes Craven fait un sacré pied de nez à ce genre déviant qui ne respecte que ses propres codes. Un peu comme Craven lui-même. Pour Scream 4, c'est un large panel de références qui est utilisé, en nous offrant un clin d'œil historique au genre, en même temps qu'une vision globale sur l'évolution du cinéma d'horreur. On retrouve ainsi pêle-mêle des dizaines de références à d'autres grands films ou classiques d'horreur, de Ring à Massacre à la Tronçonneuse en passant par Halloween sans s'oublier lui-même (La colline a des yeux, La dernière maison sur la gauche), Wes Craven entaille a sa manière ses concurrents franchisés, à savoir Saw ou Destination Finale, sans oublier la formule du remake, parce qu'on ne peut faire mieux que l'original.




Ultra référencé, Scream 4 est aussi l'occasion pour Craven de s'auto-parodier comme l'avait fait avec un décalage extrême mais appréciable un certain Scary Movie (lui-même devenu franchise). Le scénario sur une bonne partie écrit avec les pieds, ne lésine pas sur l'humour et le décalage gore voulu, avec de l'hémoglobine comme on l'aime. Scream ne choque pas (ou plus), il amuse. Il faudrait donc mieux voir Scream 4 sous l'angle de l'auto-dérision plutôt que le pur film d'horreur sérieux et travaillé. Comme annoncé dès le départ, Scream 4 n'est clairement pas à prendre au sérieux, même s'il s'essaye à la critique société américaine qui désormais bouffe son popcorn devant du gore réel, mais cette fois-ci sur Internet. Le monde a changé et Ghostface n'est passé au travers. Un peu cliché, mais loin d'être erroné au final, et au-delà des bimbos adolescentes reines du clichés, Scream 4 est surtout l'occasion d'évoquer la modernité à renfort de Facebook, Red Bull, Twitter ou encore Iphone pour ne cite qu'eux. Le final par ailleurs étonnant, et qui ne pourra pas laisser indifférent le spectateur, contribue à l'image critique que veut nous faire avaler Scream. L'homme est aussi bien l'acteur que la victime des monstruosités de notre monde, capable du pire, et Scream en a aussi été victime à travers de sombres fait-divers.




Mais qu'importe, le public est venu chercher du meurtre aussi original que possible, du sang qui coule, de l'action et une histoire qui tient en haleine et si possible peut surprendre, avec un scénario assez bien ficelé malgré quelques dialogues au ras du sol. Mais à la limite, il ne fallait pas attendre mieux d'un quatrième opus, alors que pas mal de choses avaient déjà été montré dans le passé. A ce niveau-là, Scream 4 respecte plutôt bien son cahier des charges. Outre un montage parfois saccadé et un style prévisible qui n'a pas trop changé, Scream 4 laisse peu de place à l'innovation malgré quelques pointes humoristiques jouissives. On se fait tout de même un plaisir de retrouver Kevin Williamson au scénario (lui qui était absent lors du troisième opus) et le trio Neve Campbell (Sidney Prescott), Courtney Cox (Gale Weathers) et le célèbre Dewey, David Arquette. Pour les suppléer, on retrouve une ribambelle de nouveaux jeunes, que ce soit deux actrices issues du star-system hollywoodien à savoir Emma Roberts (Jill) et Hayden Panettiere (Kirby) ou encore Erik Knudsen (que l'on voit dans Saw II) et Rory Culkin (frère de Macaulay et Kieran)



Sans se leurrer ni se cacher derrière un masque, Scream 4 ne relance pas la saga et semble annoncer un cinquième opus qui confirme la voie d'une saga faite pour amasser les dollars. Wes Craven arrive au moins à se payer un trip respectable qui se laisse regarder.


NOTE : 11.5 / 20







05/04/2011
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