Cine-emotions

Harry Brown, fracture de génération.

Thriller britannique sombre et réaliste à la fois, Harry Brown raconte l'histoire d'un vieil homme vengeur.



Harry Brown est un ancien militaire à la retraite. Il vit dans un petit appartement seul, et soutient sa femme sur le chemin de la mort. Après le décès de celle-ci, il n'a que pour seul ami Leonard, avec qui il joue aux échecs dans un bar du coin. Mais ce dernier est exaspéré par les jeunes de la cité qui ne cesse de l'importuner, de l'agresser et menace d'en finir avec eux. Leonard finira par mourir, ce qui pousse alors Harry Brown a aller aux devants de l'enquête et de la police pour se faire justice lui-même.


« Il faut nettoyer la cité au karcher », pourrait bien être le propos de ce thriller britannique orchestré par Daniel Barber (qui réalise là son premier long). Le tableau est assurément sombre: une cité que monopolise une bande de jeunes irrespectueux des habitants qui sèment la terreur. Le spectateur assiste derrière la fenêtre de l'appartement d'Harry Brown à une agression d'un homme venu se défendre alors qu'une bande de jeunes tentaient de voler sa voiture. Le film n'est pas que lynchage et ultra violence, même si celle-ci scotche le spectateur, un peu à la façon d'un American History X. Plus qu'un film sur la violence, Harry Brown dénonce ces gangs britanniques qui pourrissent l'avenir de ces jeunes coincés dans un cercle vicieux infernal. La violence n'est alors qu'une façade qui interpelle. En effet, on propose la parole et une histoire, notamment celle du leader de ces jeunes, Noël qui tient son statut de par son père. Le jeune est joué par un Ben Drew (alias le chanteur du groupe Plan B) tout simplement sensationnel. Son petit côté rappeur dans la chanson ressort, son jeu de caïd cache bien une histoire touchante dans le fond, montrant un homme qui n'a pas d'autre choix que la voie du vandalisme, du deal et de la violence.


Bien qu'il y ait une histoire, on pourra reprocher à Harry Brown de trop stigmatiser et surtout de ne pas proposer de solutions aux problèmes qu'il évoque. Bien que la moral nous montre que la violence ne résout pas tout, on reste sur notre faim avec un film dont l'action est prévisible et qui finalement reste dans cette fiction d'un homme qui veut venger son ami, plutôt qu'une réelle fresque sociale un peu à la façon Fish Tank. Harry Brown s'apparente alors plutôt au thriller A vif où Jodie Foster venge d'abord inconsciemment (puis consciemment) son mari. Cependant, on peut se satisfaire d'une réalisation qui nous dépeint un coin londonien bien sombre, où la lumière n'a pas sa place (à l'image de ce fameux souterrain qui symbolise beaucoup). Enfin, il serait une erreur de ne pas signaler la prestation toute en émotion de Michael Caine (L'éducation de Rita, Hannah et ses sœurs, Crime contre l'humanité) qui porte le film et son histoire. Il boucle d'ailleurs sa propre et riche filmographie après La loi du milieu en 1971, où il interprétait un gangster et sa soif de vengeance.


NOTE : 13.5 / 20




Bande-annonce de Harry Brown de Daniel Barber
envoyé par blog-Cineaddict. - Regardez plus de films, séries et bandes annonces.


21/11/2010
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