Cine-emotions

[AVANT-PREMIERE] Michael

Premier long métrage pour l'ex-directeur de casting de Michael Haneke. Michael, de Markus Schleinzer parle d'un sujet difficile, librement inspiré d'un fait divers autrichien.





Voici comment est rapidement présenté le premier film de Markus Schleinzer : Michael, 35 ans, enlève, séquestre et viole Wolfgang, 10 ans. C'est rude et abrupt, et cela est censé témoigner de la dureté du film et de sa thématique. Le traitement en est un peu différent. Le film de ce nouveau réalisateur autrichien habitué aux castings de Haneke et Murnberger, ne va rien montrer ou presque, rester dans une certaine froideur, avec une réalisation assez linéaire, jouant sur les plans fixes, un peu à la façon de son génial mentor, Michael Haneke. Michael ne sera donc jamais choquant , mais il heurte la sensibilité, touche parfois. Ce premier long ne jouera pas non plus la carte du manichéisme trop facile, n'évitant ainsi pas certaines lourdeurs. Il nous livre un personnage de Michael très froid, dont on aimerait en savoir plus, et qui peut susciter la compassion. Dommage qu'à ce niveau-là, l'écriture du scénario n'ait pas poussé la psychologie d'un personnage pédophile, dont on sait seulement qu'il est un homme solitaire, sur la réserve.


Pour piquer un peu son spectateur et le sortir d'une certaine torpeur qui pourrait virer à l'indifférence, Markus Schleinzer insère quelques éléments d'histoire, comme pour essayer de donner un rythme malheureusement assez prévisible, à un film qui en manque cruellement. Il fait par exemple penser au tout récent traitement de Contre Toi, où cette fois-ci c'est le syndrome de Stockholm qui est évoqué. Le film fait directement penser à l’histoire de Natasha Kampusch, retenue captive dans une cave pendant huit ans de sa vie ans par un pervers sexuel. Elle devrait d'ailleurs faire l'objet d'un film hollywoodien où Kate Winslet et Christoph Waltz tiendraient les rôles principaux. Pourtant, le réalisateur autrichien dément une filiation directe, relavant plutôt de la libre interprétation. Le point commun des deux histoires, c'est la relation qu'entretient l'adulte avec la personne qu'il séquestre. Comment l'aime t-il, quels sont ses sentiments, considère t-il cet enfant comme son propre fils ? On se pose ce type de question durant Michael, même si le film n'y répond pas d'une manière très claire, restant anecdotique. La seule certitude que l'on peut avoir, c'est que la mise en scène, le naturel des acteurs, et la formalité avec laquelle est traitée le film, ne peuvent laisser indifférent le spectateur.


NOTE : 11 / 20






09/07/2011
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