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Hereafter : Clint Eastwood en-deçà de nos espérances

Après plusieurs chefs d'œuvre et une barre très haute, Clint Eastwood déçoit son public avec Hereafter (Au-delà) prévisible et bâclé.




Et si Invictus était un film prémonitoire, dans le sens où certains défauts déjà palpables, se retrouvent avec force dans le dernier film de Clint Eastwood, Au-delà. En effet, Invictus avait subit quelques désagréments dans la critique à cause de ses facilités scénaristiques et des errements historiques critiquables. Mais Clint Eastwood ne visait pas tout cela, il voulait toucher son public en plein cœur, avec une histoire brillante, humaine et des acteurs au sommet avec le duo Matt Damon – Morgan Freeman. Plus fort encore, il avait réussi à cacher tous les défauts du film par son aura et sa réalisation sans faille. Il avait bien évidemment largement réussi son objectif. L'arbre qui cache la forêt en quelque sorte.


Sauf que pour Hereafter, Clint Eastwood apparaît comme un réalisateur fatigué, qui prend l'improvisation cinématographique comme un gage de réussite. Preuve que parfois, on peut se planter. Alors, Hereafter n'est pas un navet, mais une énorme déception, surtout pour ceux qui adorent le réalisateur et ses derniers films. A chaque fois les mêmes ingrédients, une émotion forte, une histoire intelligente et pleine, des acteurs à l'unisson. On se dit qu'avec Hereafter, Eastwood a réussi son pari, prouvant que les errements d'Invictus étaient une erreur. Mais c'est se tirer une balle dans le pied que de croire à cette espérance ! Hereafter enchaîne les défauts dès le début, bien que l'histoire reste assez captivante (mais bien moins que pour les précédents longs) et que quelques passages arrivent à faire chavirer le spectateur. Pas de quoi en faire un film brillant, surtout quand on le compare à Million Dollar Baby, L'Échange ou encore Gran Torino.




Pour ce nouveau film, Eastwood a décidé de voyager, en débutant d'abord en Asie du sud-est avec le tsunami qui a ravagé la région. Une femme française, jeune journaliste riche et bobo, flirte avec l'au-delà et s'en sort vivante par un heureux hasard, se posant ainsi des questions sur la mort. Aux États-Unis, un homme, ex-médium, essaye de tourner la page de son expérience précédente pour commencer une nouvelle, alors que d'autres tentent de lui faire comprendre (consciemment ou pas) qu'il possède un don qu'il doit exploiter. A Londres, Marcus est un jeune garçon qui vient de perdre son frère jumeau lors d'un accident, et doit quitter sa mère qui vire dans la dépression, les drogues et l'alcool. Les trois personnages doivent donc se croiser, probablement vers la fin se dit-on. Dès son démarrage, le scénario n'étonne pas, et ne va jamais surprendre son spectateur par la suite, restant prévisible et plutôt facile. Ce même scénario dont on espère voir naître de l'émotion n'arrive pas à nous emporter, sauf lorsque la caméra tourne autour du destin de ce jeune Marcus (George McLaren) qui arrive à faire naître. Si Matt Damon s'en sort relativement bien (loin d'avoir sorti le meilleur numéro de sa carrière), la déception vient plutôt de Cécile de France, actrice talentueuse pourtant, mais qui ici n'arrive pas à la cheville d'une Angelina Jolie par exemple. Et dire que certains pourraient la voir oscarisable, on imagine que le nombre d'actrice pouvant prétendre au sésame doit être assez pauvre chez eux.


Pour Hereafter, on ne retrouve pas le style si typique de Clint Eastwood et son film ne semble presque pas sérieux. Même pour la thématique, on y évoque le mysticisme de l'histoire, le poids psychologique du médium, soulevant des interrogations sur le mort et sa relation avec nous. Le film pose parfois (mais d'une façon assez naïve) la question de la crédibilité du contact avec les morts dans l'au-delà, et si cela n'est finalement pas une supercherie. Mais ne serait-ce pas le film de Clint Eastwood, la supercherie ? Ne soyons pas trop sévère, Hereafter se laisse regarder, la question de la sieste en salle obscure ne se pose pas réellement, mais toujours est-il que le film montre sciemment ses défauts et n'arrive pas à les cacher par les ingrédients qui dans le passé, faisaient le charme des films de Clint Eastwood.


NOTE : 10 / 20






21/01/2011
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