Cine-emotions

Rango: un western avec un lézard, c'est possible ?

Après la saga Pirates des Caraïbes, Gore Verbinski revient à la réalisation accompagné de son faire-valoir Johnny Deep pour le western barré intitulé Rango.




Alors qu'il mène sa vie sans histoire d'animal de compagnie, Rango, caméléon peu aventurier, est en pleine crise d'identité : à quoi bon avoir des ambitions quand tout ce qu'on vous demande, c'est de vous fondre dans la masse ?
Un jour, Rango échoue par hasard dans la petite ville de Poussière, dans l'Ouest sauvage, où de sournoises créatures venues du désert font régner la terreur. Contre toute attente, notre caméléon, qui ne brille pas par son courage, comprend qu'il peut enfin se rendre utile. Dernier espoir des habitants de Poussière, Rango s'improvise shérif et n'a d'autre choix que d'assumer ses nouvelles fonctions. Affrontant des personnages plus extravagants les uns que les autres, Rango va-t-il devenir le héros qu'il se contentait jusque-là d'imiter ?



Verbinski a attendu longtemps avant de dégainer son lézard sur grand écran. Le projet a débuté dans les discussion avant Pirates des Caraïbes avant que le nouveau roi de la super production ne se lasse de sa saga (qui elle aussi s'essoufflait). Pas franchement habitué par l'animation, Verbinski décide avec ses animateurs de faire ce western pour enfants avec le style du film classique, avec un réalisme étonnant. Le résultat se ressent avec force : bien que les moyens aient été mis pour le faire, Rango est un petit bijou visuel d'animation, un plaisir pour les yeux qui nous fait oublier les Pixar et autre DreamWorks. Une beauté poussée à son paroxysme, que ce soit dans le détail du village Poussière, ou dans les personnages, qui ont chacun leurs particularités physiques. Jeu des couleurs et de la lumière, Rango est un spectacle d'animation à lui tout seul qui vaut largement le coup d'œil. La question du scénario reste plus discutable on va le voir. L'autre point fort de ce Rango est incontestablement la prestation de choix d'un Johnny Deep qui s'en donne à cœur joie pour ce rôle de composition. Entre son personnage de Sparrow, stylé, jovial et attachant, et ses personnages délurés chez Burton, Johnny Deep trouve dans Rango un personnage parfait pour exprimer son talent, même dans le doublage. Sa voix et ses intonations confèrent à ce petit lézard une importance presque inespérée, un peu comme sa prestation dans Les Noces Funèbres. En somme, si Deep n'avait pas doublé Rango, le film aurait été tout autre.




Rango pourrait être un personnage à part, sorte de Sergio Leone complétement barré. Un anti-héros qui devient une véritable star bien malgré lui avant de comprendre sa réelle destinée. Alors bien sûr le final est prévisible, mais il est intéressant et captivant de suivre comment va t-on arriver à ce résultat. Loin d'être parfait, avec notamment pas mal de longueurs et de bavardages dont on se demande où se trouve la subtilité et si finalement ils ne sont pas là pour boucher les trous, Rango captive et amuse. En rendant hommage aux grands westerns (De Il était une fois dans l'Ouest aux Sept Mercenaires), à l'image de la musique originale signée Hans Zimmer, ce film d'animation finit par être quelque chose de très plaisant à regarder, avec un poil d'émotion dans l'histoire, mais aussi dans sa portée historique. Drôle dans certains gags (même si Rango de déclenche pas des moments d'hilarité générale), scénario et dialogues arrivent à donner de l'intelligence au film, d'abord pour la quête d'identité de ce héros mais aussi une sorte de fable moderne où l'eau représente l'objet de survie, la raison d'un espoir et d'un combat pour la liberté.


Tour à tour bavard et lourd, fascinant et amusant, Rango vaut au moins de coup d'œil pour sa beauté esthétique qui devrait mettre d'accord l'ensemble du public. Si amigo !


NOTE : 13.5 / 20





11/03/2011
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