Cine-emotions

Numéro quatre, à l'ouest rien de nouveau

Film de science-fiction qui devrait son public chez les minettes et les plus jeunes en manque d'action, Numéro Quatre n'est qu'un éclair de plus dans un genre bien rabâché.




Trois sont déjà morts. Qui sera le quatrième ? Un adolescent extraordinaire, John Smith, fuit devant des ennemis prêts à tout pour le détruire. Changeant perpétuellement d'identité, ne restant jamais longtemps dans la même ville, il est accompagné par Henri, qui veille sur lui. Partout où il va, John est le nouveau venu, celui qui n'a aucun passé. Dans la petite ville de l'Ohio où il s'est installé, il va vivre des événements inattendus qui vont changer sa vie. De son premier amour à la découverte de ses incroyables aptitudes, il va aussi se lier à des personnes qui partagent son fascinant destin…



Film dans l'air du temps, Numéro Quatre surfe sur ce que la jeunesse semble apprécier le plus. La saga adapté d'un livre au cinéma, c'est une valeur sûre de nos jours, les échecs sont plutôt rares. De Harry Potter à Twilight en passant par Narnia ou même Percy Jackson, l'adaptation semble plutôt bien marcher. A la base il y a donc un livre écrit sous le pseudonyme de Pittacus Lore, qui est en fait deux personnes: James Frey (profiteur et falsificateur réputé) et un jeune étudiant que le premier avait payé une misère pour écrire l'histoire sans qu'il puisse y mettre son nom après. Le ton est déjà donné, même Steven Spielberg et Michael Bay ont racheté les droits pour le film. Histoire de changer un peu de genre, Numéro Quatre est plus orienté vers la science-fiction puisqu'il raconte l'histoire d'un adolescent qui se veut ordinaire (mais qui ne l'est pas du tout) pourchassé par des extraterrestres qui ont décidé de l'éliminer. Logique, il est le numéro quatre sur la liste, et son prédécesseur est lui aussi passer à la moulinette. L'histoire a l'air plutôt sympathique au premier abord, alternant entre les fantasmes d'une vie ailleurs que sur notre planète, une peinture de la jeunesse américaine de nos jours, et surtout une bonne dose d'action avec effets spéciaux de qualités. Sans se voiler la face, assurons au lecteur que Numéro Quatre se laisse regarder, sans tomber dans une surenchère que la SF aime à utiliser.




Le problème n'est pas franchement dans le visuel, si tant est que l'on puisse y adhérer. C'est en effet tous les ingrédients qui composent cette histoire qui posent réellement soucis. Le fait de choisir comme d'habitude un jeune adolescent, et si possible le type beau gosse ravageur, à en faire remuer sur son siège la jeune groupie aux hormones très travailleuses. Ce bel animal n'est autre qu'Alex Pettyfer, tout droit venu d'Angleterre pour aller concurrencer un Zac Efron ou un Robert Pattinson, car après tout, c'est aussi sur ça qu'un film fonctionne. Révélé en 2006 face au grand public dans la peau d'Alex Rider, puis dans le DTV Wild Child aux côtés d'Emma Roberts (Scream 4), il renoue ici avec une tradition bien cliché qui fait plaisir à certain(e)s. Le cliché c'est bien ce qui occupe la grande partie du film : du purement technique comme l'acteur qui en fait des tonnes, jusqu'au cliché scénaristique, la liste est très longue. Évoquons par exemple quelques clichés qui peuplent le cadre social où évolue notre cher beau gosse typé surfeur : la vie lycéenne est typique, une belle adolescente un poil rebelle, propriété attitrée du quaterback, lui-même star du lycée, craint par tout le monde et qui avec sa bande décide de s'en prendre au petit intello mielleux du coin, qui cerise sur la gâteau a perdu son père, histoire de susciter l'attachement du public. Ce n'est qu'un exemple, mais tout est taillé pour susciter la compassion, qui pourrait virer à une très froide distance avec le film chez le spectateur un poil objectif. Non pas que cela soit une réalité contestable, mais plutôt que c'est un fait récurrent, tellement qu'il en devient vomitif, surtout quand celui-ci est aussi pathos. Pour continuer, arrive alors la belle tête de John Smith (pour les terriens, camouflage quoi), qui bien sûr a le coup de foudre pour la belle, décidé à la sortir des griffes du quaterback possessif (qui comme par surprise est le fils du shérif). Forcément il tombe dans la romance pathétique, sans oublier que chez lui, on aime qu'une seule fois et pour la vie (sortez les roses et les mouchoirs). Cette histoire d'amour s'apprête alors à remettre en question sa vie actuelle, au risque d'en mourir. Ce ne sont pas des spoilers ici... mais bien des faits connus.




Avec objectivité, Numéro Quatre est d'égal au pathétiques scénario et personnages des sagas comme Percy Jackson ou Twilight. A la différence que là, c'est l'action qui rattrape tout, avec un rythme assez plaisant, le bon son qui va avec (un film qui démarre par Kings of Leon n'est pas forcément de mauvais goût). L'action n'arrive pas à se défaire d'une attache très manichéenne, elle-même poussé à son paroxysme, histoire de bien faire comprendre aux spectateurs qui est qui (des fois que le popcorn lui bouche le cerveau). Par exemple, les armes sont bleus chez les gentils, et rouges chez les méchants, soit donc un choix des couleurs stupides, qui n'est pas sans rappeler celles qui étaient utilisé dans Tron Legacy. DJ Caruso réalise là un film qui devrait le faire connaître à un plus large public, après avoir notamment fait tourner un certain Shia LaBoeuf (Transformers) dans Paranoïak ou L'œil de Mal. Il tente par ses qualités de réalisateur de redonner une autre force au film, mais n'arrive à faire oublier les errements des trois scénaristes.


Propos conformiste et scénario en carton ne suffisent pas à une action entraînante mais trop isolée. Si suite il y a, des choses vont devoir changer et l'ensemble se devra d'être un peu plus original pour espérer attirer une attention plus positive.


NOTE : 8.5 / 20



12/04/2011
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