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Source Code, nouveau concept de lutte contre le terrorisme

Après la surprise critique suscitée par Moon, Duncan Jones s'attaque à quelque chose de beaucoup plus hollywoodien, avec Jack Gyllenhaal en tête d'affiche et une histoire étonnante.




Colter Stevens se réveille en sursaut dans un train à destination de Chicago. Amnésique, il n'a aucun souvenir d'être monté dedans. Pire encore, les passagers du train se comportent avec lui avec familiarité alors qu'il ne les a jamais vus. Désorienté, il cherche à comprendre ce qui se passe mais une bombe explose tuant tout le monde à bord.
Colter se réveille alors dans un caisson étrange et découvre qu'il participe à un procédé expérimental permettant de se projeter dans le corps d'une personne et de revivre les 8 dernières minutes de sa vie. Sa mission : revivre sans cesse les quelques minutes précédant l'explosion afin d'identifier et d'arrêter les auteurs de l'attentat. A chaque échec, les chances de pouvoir revenir dans le passé s'amenuisent.
Alors qu'il essaie d'empêcher l'explosion, ses supérieurs lui apprennent qu'un deuxième attentat est en préparation en plein cœur de Chicago et qu'il ne s'agit plus de protéger les quelques passagers du train mais la ville toute entière. La course contre la montre commence…


Le cinéma regorge de ce genre du film qui s'amuse un moment particulier dans une journée et à le retourner dans tous les sens. De la science-fiction de référence comme Retour vers le futur de Robert Zemeckis à des mondes parallèles plus intrigants encore à la façon Inception en passant par la manière plus comique comme dans Le jour sans fin, sans oublier le drame avec Elephant de Gus Van Sant, revivre les mêmes scènes, les transformer, les contrôler (ou pas) et revenir dans le présent, est un outil souvent utilisé dans le septième art. C'est évidemment le point central de Source Code, dont on aime à dire qu'il est un film concept, ressemblant plutôt à une sorte de court métrage (huit minutes pour l'action initiale) étiré pour en faire un long avec des belles pirouettes scénaristiques pour faire vivre l'action et garder le spectateur éveillé. Gageons que pour Source Code, c'est assez bien réussi, on ne risque pas trop la sieste soudaine, au moins jusqu'à ce que notre ami Colter Stevens arrive à démasquer le fameux terroriste, car c'est bien sur ce seul élément que le film reste imprévisible. A partir de la fameuse action initiale où Colter se réveille dans un train en direction de Chicago qui s'apprête à exploser à son insu, Duncan Jones et ses scénaristes Mark Gordon (qui retrouve Gyllenhaal depuis Le Jour d'Après) et Ben Ripley (scénariste de La Mutante 3 et 4, ça ne s'invente pas) essayent de tourner l'objet dans tous les sens pour y faire naître de l'adrénaline. Cela fonctionne par moment, et dans d'autres phases (entre les longues explications pour comprendre le concept), on ressent fortement la sensation de déjà-vu, comme pour combler un manque de créativité représentatif d'un coup de mou dans le processus.





La fin est évidente, sans véritable saveur, et pas franchement arrangé par une réalisation très convenue et des effets spéciaux loin d'être priceless. Le concept de base commence alors à prendre du plomb dans l'ail, pas forcément aidé par l'idéologie même prônée par le film. Source Code est tombé alors dans un pathos ambiant, renforcé par une romance à l'eau de rose, sortie de nul part. A tout cela, rajoutons un patriotisme exacerbé où l'Amérique reste glorifié à l'image de ces militaires avant-gardistes dans la lutte contre le terrorisme. L'idée est bonne, le concept intéressant, le rendu au final est lui beaucoup moins entraînant. L'idée de répétition peut devenir lassante pour le spectateur, même si elle tente de varier les plaisirs et d'aller un peu plus loin d'action, mais c'est plutôt l'irrégularité de la qualité de ces scènes répétitives (avec des faux-raccords dont on se demande s'ils sont voulu ou pas) qui priment. Là encore, la sensation de paranoïa d'une première partie de film bien construite disparaît totalement pour tomber dans une sureté presque démesurée et prévisible. Non pas que l'on veuille absolument du noir et des morts, mais le portrait est totalement différent entre ces deux faces. Jake Gyllenhaal (révélé dans Le Jour d'Après) dont on avait vu des récentes prestations plutôt moyennes dans Love & Autre Drogues ou encore dans Prince of Persia, ne retrouve pas sa superbe allure de Brothers, mais tient plutôt bien son rôle, face à une Vera Farmiga (Esther, In The Air) en visioconférence qui reste de marbre ou presque, et une Michelle Monaghan (Gone Baby Gone, La femme de ses rêves) dans le rôle secondaire plus anecdotique.


NOTE : 11.5 / 20




22/04/2011
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