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L'Agence : fable du destin et du libre-arbitre

Énième adaptation d'une œuvre signée Philip K. Dick, l'Agence s'avère être un thriller de science-fiction ennuyeux malgré quelques bonnes questions posées.




Sommes-nous maîtres de notre destin ? Ou sommes-nous manipulés par des forces invisibles ? David Norris entrevoit l'avenir que le Sort lui réserve et se rend compte qu'il aspire à une autre vie que celle qui lui a été tracée. Pour y parvenir, il va devoir poursuivre la femme dont il est tombé follement amoureux, à travers les rues de New York et ses réseaux souterrains.David Norris est un homme politique ambitieux qui s'apprête à siéger au Sénat quand il fait la connaissance d'une éblouissante danseuse étoile, Elise Sellas. C'est le coup de foudre, mais David s'aperçoit rapidement que de mystérieux hommes conspirent à le séparer de l'objet de son affection.Il prend conscience que ses adversaires ne sont autres que les agents du Sort lui-même - les hommes de L'Agence - qui feront tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher son union avec Elise. Face à une adversité écrasante, David doit choisir entre perdre l'être aimé et accepter le destin qui lui est dicté ou tout risquer pour défier le Sort et conquérir Elise.


A l'instar des King pour le thriller d'épouvante ou Christie pour le polar et roman noir, Philip K. Dich est un peu une aubaine pour un Hollywood qui aime la science-fiction mais s'avoue souvent en panne d'idées. A ce chouette type qui a réussi à convaincre des grands majors du cinéma américain, on doit les futurs Blade Runner ou Minority Report. Coincé entre la science-fiction pure et dure et le thriller presque policier, ses œuvres s'imprègnent d'une ambiance bien ancrée dans le présent. C'est de nouveau le cas avec L'Agence, réalisé par George Nolfi (scénariste de Ocean's Twelve ou La Vengeance dans la Peau, qui réalise ici son premier long) et adapté de Adjustment Team. Le film nous raconte donc comment un homme politique local voit sa vie transformée tout simplement parce qu'il ne respecte pas un plan pré-établi par une poignée d'hommes qui visiblement pourraient gérer le monde entier avec ce pouvoir étonnant. Fascinant au début mais vite incompréhensible, le plan devient très vite foireux, nappé d'un brouillard déstabilisant, malgré un côté oppressant assez intéressant à la longue. Touchant presque le côté polémique que n'importe qui aimerait à voir dans un film de ce genre, mais tout en restant correct, L'Agence donne l'impression de rester en surface, jamais trop agressif, mais assez rythmé pour passer en mode « divertissement potable ». Sans se voiler la face, utiliser votre libre-arbitre pour aller voir autre chose, à coups d'une quinzaine de films par semaines, on est en droit d'espérer mieux.




En se doublant d'une histoire romantique à coucher dehors et un couple qui ne prend jamais son envol, L'Agence frôle franchement le crash direct. Fort heureusement, les quelques questions polémiques sur le libre-arbitre intéressent, mais le spectateur risque fort de se trouver distant avec cette histoire surréaliste à laquelle il n'a pas envie de croire. Matt Damon, homme à tout faire du cinéma US actuellement, de Green Zone (en soldat de la rébellion) jusqu'à True Grit (en ranger déjanté) en passant par la caméra de Clint Eastwood (Invictus, Au-delà), celui qui a explosé dans le milieu du thriller dans la peau de Jason Bourne, n'arrive guère à convaincre ici. Sans remettre en cause le charme d'Emily Blunt (belle et convaincante Victoria dans les jeunes années d'une reine), l'osmose voulue par ce couple n'arrive pas à prendre. Que ce soit lors d'une première rencontre incongrue qui n'arrive visiblement qu'au cinéma et un final livrant une pirouette inattendue, preuve que le scénario tournait en rond sans jamais réussir à faire décoller son propos, ce duo d'acteurs (bien qu'étant réputés) n'apporte pas la conviction attendue. La bande annonce était à la fois intrigante et presque passionnante, mais livrant déjà quelques ficelles et facilités historiques. Le film suit exactement le même chemin, sans prendre plus de hauteur, attisant une curiosité que l'on ne peut franchement considérer comme assouvie à l'issue de ce premier long métrage pour George Nolfi.



NOTE : 10 / 20





24/03/2011
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