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L'amour a ses raisons : comédie romantique à l'italienne typique

Grosse distribution et une comédie romantique à l'italienne comme on ne peut en trouver nul part ailleurs. Avait-on raison d'y aller ?





Trois histoires d'amour à différents âges : la jeunesse, la maturité, l'âge de raison.
La jeunesse : Roberto est un jeune avocat ambitieux ; il doit épouser Sara. Tout semble planifié dans sa vie. Au cours d'une expropriation dont il est chargée, il rencontre Micol, magnifique et provocante jeune femme d'un petit village Toscan. Tout se complique alors.
La maturité : Fabio, présentateur vedette du journal télévisé, est un mari irréprochable depuis 25 ans. Lors d'une soirée, il rencontre Eliana, une femme fatale pleine d'imprévus. Lorsque celle-ci ne veut plus le quitter, cette histoire qui devait être sans lendemain s'avère plus difficile à maîtriser.
L'âge de raison : Adrian est un professeur américain d'histoire de l'art. Depuis son divorce, il a décidé de vivre à Rome. Il est ami avec Augusto, le concierge de l'immeuble. Sa fille, la fulminante viola, vient bouleverser la tranquille existence d'Adrian, qui va ressentir des émotions jusque-là éteintes...



L'Italie pittoresque, romantique et suave, chaude et fragile, dans un genre où une poignée de réalisateurs ont excellé dans le passé. Les années 60, décennie de la romance à l'italienne, évoquée très souvent chez Fellini ou Visconti, fait l'objet de grand classique chez Francesco Rosi (C'era una volta – 1967) ou Vittorio De Sica (Hier, Aujourd'hui, Demain – 1963). La mode récente était plutôt au film romantique choral, avec casting de choc et thématiques enjouées. Juste un baiser (Gabriele Muccino – 2001) en était un exemple parfait. Mais notre ami Muccino et sa suite Encore un baiser (2010) n'apprendront rien à Giovanni Veronesi, adepte et spécialiste de cette comédie romantique à l'italienne façon nouveau millénaire. Le réalisateur est un inconnu hors des frontières transalpines, et se révèle dans le genre qui nous concerne aujourd'hui en 2006 avec Leçons d'amour à l'italienne (Manuale di amore dans sa version originale) en dirigeant un certain Carlo Verdone (présent ici) et Silvio Muccino. Le succès est au rendez-vous, et donne une suite en 2007 sous le titre Manuale d'amore 2, où Verdone est rejoint par une certaine Monica Bellucci et la star montante Riccardo Scamarcio. Mais si ce deuxième opus ne semble pas faire de vagues en France, un troisième épisode est en route et débarque donc sur nos écrans en 2011, avec un casting encore plus explosif, auquel on rajoute Robert de Niro et ses origines italiennes en guest-star, mais aussi la belle Laura Chiatti.


Comme une recette qui semble fonctionner et ainsi séduire le public, c'est le film choral intelligemment découpé qui refait son apparition. L'Italie en est friante, l'étranger un peu moins (en témoigne par exemple l'échec assez justifié du Premier qui l'a dit). Trois parties structurent donc ce troisième épisode, introduit par un pseudo-discours sur la définition de l'amour que même Dora l'exploratrice n'aurait pas tenté.




La première est donc celle de la jeunesse, la plus efficace sans aucun doute possible et réunit à l'écran deux belles vedettes du cinéma italien actuel, la très charmante Laura Chiatti (irrésistible ici) et le play-boy Riccardo Scamarcio (Romanzo Criminale, Le Rêve Italien) qui n'a pas besoin d'abuser d'une gestuelle agaçante pour captiver le regard du spectateur. Le charme du duo opère dès les premières secondes, et cette première histoire touche avec rapidité et efficacité, même si on dénote une tendance à vouloir déjà surfer sur des vagues déjà bien prises par d'autres films (Benvenuto al Sud de Luca Miniero – 2010).




La seconde est celle de la maturité, où un grand journaliste nationale tombe dans le piège d'une harceleuse à moitié nympho et n'arrive pas à s'en débarrasser. C'est l'occasion pour Carlo Verdone d'opérer un show complétement ridicule à base de dialogues surjoués et des gesticulations en tous sens.





Enfin la troisième et dernière partie, celle de l'âge de raison, la moins folle de toute, qui met en scène le duo Robert de Niro / Monica Bellucci, un peu plus théâtrale (on reste focalisé autour d'un lieu, et on filme souvent de l'intérieur. Bâclée et trop clichée (le baiser final devant un feu d'artifice), elle confirme le côté « guest et j'accepte tous les projets qu'on me donne pourvu que les tournages soient posés » de Robert de Niro qui devrait réfléchir à deux fois au lieu de se fourrer dans des films aux genres différents (Mon beau-père et nous, Stone, Limitless) et sans cohérence au niveau carrière.


NOTE : 9.5 / 20





L'AMOUR A SES RAISONS : BANDE-ANNONCE Avec... par baryla


19/06/2011
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