Cine-emotions

Le Gamin au Vélo : Dardenne, une histoire d'enfant

Grands habitués de Cannes, les frères Dardenne étaient de nouveau présents sur la Croisette pour présenter leur dernier film, Le Gamin au Vélo.




Cyril, bientôt 12 ans, n'a qu'une idée en tête : retrouver son père qui l'a placé provisoirement dans un foyer pour enfants. Il rencontre par hasard Samantha, qui tient un salon de coiffure et qui accepte de l'accueillir chez elle pendant les week-ends. Mais Cyril ne voit pas encore l'amour que Samantha lui porte, cet amour dont il a pourtant besoin pour apaiser sa colère ...


Les frères Dardenne font partie depuis quelques années d'un cercle très fermé, celui des réalisateurs ayants remportés deux Palmes d'or, et accessoirement aussi celui des réalisateurs que l'on ne déteste pas ou très peu. On est plutôt admiratif, et forcément un Dardenne suscite donc de l'attente. D'autant plus qu'ici, les frères innovent sur des détails qui paraissent anodins. Le choix de tourner l'été par exemple, une première et qui cette fois-ci nous montrer une Belgique plus verdoyante et où la pluie s'est absentée. Le choix également tourner avec une actrice célèbre en premier rôle, à savoir Cécile de France, alors que d'habitude le casting révélait une actrice méconnue. Mais Le Gamin au Vélo est aussi attendu parce que c'est un nouveau film qui a pour thème central les liens filiaux et l'amour que l'on porte à l'enfant. Quand on sait que Rosetta en 1999 et l'Enfant en 2005 ont consacré les frères Dardenne sur ces thèmes-là, on ne peut que faire monter l'impatience. Peut-être même trop d'ailleurs, au risque de faire de ce dernier un chef d'œuvre avant l'heure. Contrairement aux apparences, ce Gamin au Vélo reste un Dardenne de très bonne facture, attachant et intéressant, mais pas franchement novateur. Il est presque linéaire dans sa construction et clairement découpé. La première partie débute donc avec Cyril (le très talentueux Thomas Doret, pour la première fois à l'écran) qui cherche à retrouver son père à tout prix (un juste Jérémie Rénier, qui nous avait habitué à de piètres prestations dans Pièce Montée ou Philibert lorsqu'il n'est pas le chouchou des Dardenne). On fait alors la connaissance de Samantha d'une façon inattendue, ce qui laisse espérer quelques bonnes surprises de ce genre. La caméra suit constamment Cyril, avant de s'ouvrir aux personnes secondaires qui l'accompagnent s'il y en a. On retrouve le cinéma Dardenne, le jeu des cadres et des plans serrés, qui s'ouvrent peu à peu au public. Un cinéma intimiste, qui va vite se perdre au profit de plus d'action. Car le défaut de cette première partie, c'est qu'elle se répète, presque sans saveur. La seconde serait plus digne d'un Instit avec Gérard Klein, avec la maîtrise d'un cinéma et l'interprétation en prime. L'action donne un peu plus de rythme et surtout on quitte la recherche du père pour s'intéresser à la relation entre Samantha et Cyril. Elle s'attache vite, mais ne le montre pas tant que ça, et lui bien sûr ne s'en rend pas compte et fond dans la déviance pour exprimer sa colère. Le scénario développe alors son histoire, mais laisse les propos psychologiques en arrière-plan sans vraiment les exploiter au fond. On est touché par l'histoire et l'interprétation, mais on a bel et bien la sensation qu'il manque quelque chose au fond.


Malgré un film assez linéaire et une action irrégulière, le Gamin au Vélo reste touchant par son minimum syndicale, pas assez poussé pour faire partie d'une catégorie chef d'œuvre à laquelle les frères Dardenne ont inscrit une déjà belle lignée de long-métrages.


NOTE : 13 / 20




20/05/2011
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