Cine-emotions

Restless : un Gus van Sant raté ?

Passé presque inaperçu à Cannes, avec une sortie française dans l'indifférence la plus totale, le nouveau Gus van Sant est-il injustement traité ?




Bien qu’en phase terminale d’un cancer, la jeune et jolie Annabel Cotton est animée d’un amour profond de la vie et de la nature. De son côté, Enoch Brae a cessé d’avoir envie de faire partie du monde depuis que ses parents sont tragiquement morts dans un accident. Lorsque ces deux êtres à part se rencontrent à un enterrement, ils se découvrent d’étonnants points communs. Pour Enoch, dont le meilleur ami se trouve être le fantôme d’un pilote de guerre kamikaze, et Annabel, qui voue une fascination à Charles Darwin et à la vie de toute créature, c’est le début d’une relation exceptionnelle. En apprenant la mort imminente d'Annabel, Enoch propose de l’aider à vivre ses derniers jours avec intensité, au point de défier le destin, les traditions et la mort elle-même.



De Gus van Sant on retient de nombreuses œuvres artistiques, taillées pour le cinéma, celui que l'on aime. Elephant est bien sûr la plus connue par le grand public, celle qui rassemble la critique et le public grâce à l'efficacité d'une mise en scène sur un sujet difficile (un fusillade dans un lycée). Mais on lui doit également Psycho, Will Hunting, Last Days, Mala Noche, Paranoid Park ou encore Harvey Milk. Sa thématique favorite : l'adolescence ou l'entrée dans l'âge adulte, et les apprentissages qui vont avec. Pour Restless, il reprend son sujet favori et l'adapte à deux jeunes adultes d'une façon très étonnante. Deux jeunes qui ont une relation particulière avec la mort. Elle (Annabel) est en phase terminale d'un cancer, et essaye de voir ces derniers jours avec optimisme et sourire, comme le montre son look par exemple. Lui (Enoch) est un orphelin depuis que ses parents sont morts d'un accident. Ce même événement tragique lui a permis de flirter avec la mort pendant trois minutes, avant de plonger dans un coma de trois mois et d'en ressortir.




Sans naïveté et avec beaucoup de sensibilité, Gus van Sant filme les tribulations de ces deux jeunes ados (ou pré-adultes), avec un image accompagnée d'une sympathique musique. Il nous montre également la relation que l'on a avec la vie et la mort, surtout quand celle-ci est omniprésente dans notre vécu, actuel ou non. Jamais larmoyant, mais jamais réellement touchant, ce Restless procure une certaine insensibilité à celui qui ne connaît pas réellement le cinéma de van Sant ou qui reste distant à cette thématique bien particulière et souvent récurrente au cinéma.


D'autant que l'histoire et la formule choisie pour mettre en scène l'adolescence est également originale et surtout déroutante, à l'image des dix premières minutes. Au point de faire apparaître un fantôme japonais, soldat de son vivant pendant la Seconde Guerre mondiale, prénommé Hiroshi et qui semble être une sorte d'alter ego invisible pour Enoch. Étrange d'ailleurs de voir un japonais se lier d'amitié avec un américain, d'autant que cet Hiroshi n'a qu'en mémoire l'horreur de la guerre pour laquelle il s'était engagé. A l'image d'un film tout aussi particulier, et moins facile d'accès que ce que Gus van Sant a pu nous offrir par le passé.


Relativement long malgré des qualités technique indéniables ou un duo d'acteurs justes (Henry Popper et Mia Wasikowka), la tendresse ambiante de cette énième peinture adolescente ne captive pas et reste trop inégale pour le permettre.


NOTE : 12 / 20 



Restless - Bande-annonce - VOST par SonyPicturesFr


26/09/2011
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