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La Planète des singes : les origines, la surprise de l'été ?

Dans la série des blockbusters de l’été 2011, le préquelle déguisé en film d’action La Planète des singes : à l’origine, se veut surprenant dans sa construction et son propos. On reeeefait le film !



 

Dans un laboratoire, des scientifiques expérimentent un traitement sur des singes pour vaincre la maladie d’Alzheimer. Mais leurs essais ont des effets secondaires inattendus : ils découvrent que la substance utilisée permet d’augmenter radicalement l’activité cérébrale de leurs sujets. César, est alors le premier jeune chimpanzé faisant preuve d’une intelligence remarquable. Mais trahi par les humains qui l’entourent et en qui il avait confiance, il va mener le soulèvement de toute son espèce contre l’Homme dans un combat spectaculaire.

 

La planète des singes : les origines, le concept avait de quoi faire peur sur le papier lorsque les premières images ont pu tourner sur la toile. La bande-annonce laissait entendre quelque chose d’un peu niais, sans intérêt par rapport à ce qui a été fait par le passé. Directement inspiré de la contre-utopie de Pierre Boulle intitulé La Planète des singes (qui donna lieu à deux films si on compte la saga du début des années 1970), le film de Rupert Wyatt revient aux origines, dont on garde en commun l’aspect scientifique du livre, et bien évidemment la présence massive de chimpanzés. En 1968, c’est Franklin J. Schaffner qui est le premier à adapter le roman, avec Charlton Heston dans le rôle principal. Il faut attendre 2001 avec Tim Burton pour voir un reboot, donnant une autre explication à l'apparition des singes. Visuellement bluffant, l’idéologie politique du film a freiné certains spectateurs. Enfin, c’est au tour d’un parfait inconnu de la réalisation, Rupert Wyatt, de réaliser cette fois-ci un préquelle au film de Tim Burton, sur la prise de pouvoir des singes sur Terre, dans un endroit bien défini, San Francisco.

 

Sauf que tout n’est pas expliqué avec le film de Wyatt, et ne peut l’être au risque de paraître surchargé. La première partie du film nous montre d’abord un côté plus scientifique et sentimental, avec l’attachement du scientifique Will (bien interprété par un James Franco toujours juste). Une accumulation de scénettes émotionnelles suffisamment convaincante pour ne pas tomber dans le pathos, ni la facilité, puisqu’il y a bien un propos derrière (l’intelligence, contrer la maladie, singe en égal de l’homme). La seconde s’attache plus à raconter cette fameuse révolution instiguée par César (singe interprété par un étonnant Andy Serkis), et le film prend une tournure à la fois manichéenne et humaniste. Un peu vendu comme un film d’action, celle-ci tarde réellement à pointer le bout de son nez, présentée dans la deuxième heure, et sans réelle surprise dans son déroulement. Comment conjuguer ces éléments afin de garder le spectateur en haleine, tout en le touchant en profondeur ? Le savant mélange a donc pris, sans laisser la place trop à l’un ou trop à l’autre.



L’histoire qui débute permet rapidement l’attachement du spectateur à l’animal, comme Will le ressent. Les choses sont simples, sans esbroufe, ni pathos aberrant. Bien sûr, nous n’échappons au manichéisme traditionnel qui vient toujours entacher ce genre au cinéma. Tom Felton (le Drago Malfoy d’Harry Potter himself) incarne un gardien d’animalerie sans vergogne, fier de pouvoir martyriser ces bêtes qu’il considère comme inférieures. Il a d’ailleurs d’étonnantes ressemblances avec l’archétype aryen qui malmène la race inférieure, impuissante derrière ses grilles. Ce qu’il ne sait pas, c’est bien évidemment que nos primates vont se rebiffer avec la manière. Une sorte de remise en cause de la théorie darwinienne et l'hypothèse selon laquelle toutes les espèces vivantes ont évolué au cours du temps à partir d'un seul ou quelques ancêtres communs grâce au processus connu sous le nom de "sélection naturelle". Enfin l’autre archétype du manichéen sans humanité, c’est le boss de la firme scientifique où travaille Will, un businessman prénommé Steve Jacobs (j’éviterais tout amalgame avec un créateur de nouvelles technologies) interprété par David Oyelowo. En soit, les méchants périront (breaking news !) et les gentils finiront par avouer la réalité. Le tout appelant une éventuelle suite, sorte d’entre-deux entre le préquelle et le reboot. Reste à savoir si c’est franchement utile.



 

En dehors de ce défaut récurrent, on se retrouve avec un film humaniste, touchant, suffisamment engagé pour faire apparaître un propos, et en même temps, le spectacle est au rendez-vous. La capture visuelle permet d’amener un peu plus de réalisme, sans oublier le travail de Burton en 2001, et le tournage a pu se faire comme avec de véritables humains à la place des singes, sans que cela puisse se voir d’une façon négative à l’écran, avec un rendu sympathique. Le résultat n’est pas bluffant, mais il est assez pertinent pour que l’on ne puisse pas dire : « c’est du numérique superficiel ! ». Détrompez-vous, les effets spéciaux sont peut-être présents comme tout blockbuster qui se respecte, mais il y a dans le film de Rupert Wyatt une volonté de faire transparaître de la sincérité et une touche émotionnelle et réaliste, qui est assez rare dans le blockbuster, en dehors du surfait habituel. On se retrouve au final avec un film qui se laisse regarder sans aprioris comme la bande-annonce le laissait entendre, bien que cette dernière ait une tendance assez forte à rassembler les meilleurs éléments du film pour attirer l’œil. Une bonne surprise en quelque sorte.


NOTE : 13 / 20 




10/08/2011
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