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La Proie, un thriller d'action détonnant

Avec puissance, rythme et lyrisme, Éric Valette signe un nouveau thriller d'action détonnant avec La Proie.




Un braqueur s'évade de prison pour traquer son ancien codétenu, un tueur en série qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l'ennemi public numéro 1. Quand chacun des protagonistes aura été au bout de lui-même, qui sera le chasseur, et qui sera la proie ?


Du film d'action façon anglo-saxonne, il n'y a pas que le sympathique et talentueux Fred Cavayé (Pour Elle, A Bout Portant) qui sait en faire. Avec beaucoup de sincérité et de qualités, Eric Valette fait aussi partie de cette génération de réalisateur fougueux qui apprennent de leurs erreurs pour mieux en sortir. L'exemple Valette est assez parlant. D'abord récompensé à Gérardmer pour Maléfique, il est appelé outre Atlantique pour réalisé le remake de La Mort en ligne de Takeshi Miike. Après One Missed Call, il revient en France pour signer Une Affaire d'État alors que l'on fait encore appel pour réaliser un DTV, Hybrid. Ses passages à l'étranger ne sont visiblement et clairement pas ses meilleurs œuvres, et c'est bien sur le sol français, avec la liberté qu'on lui offre, qu'Éric Valette signe ses meilleurs longs. Avec La Proie, il évolue dans le registre du film d'action, doublé en polar et thriller. Avec un Albert Dupontel ultra physique, décidé à dominer son personnage à 110%, La Proie s'avère être un film bourré d'action, prenant à souhait, en plus d'être très bien verrouillé par le scénario de Luc Bossi et Laurent Turner, sans manichéisme ni facilité. Les histoires s'imbriquent avec une facilité déconcertante, du réalisme et la violence d'une prison à plusieurs course-poursuites qui s'enchaînent.






Albert Dupontel incarne Franck Adrien un braqueur obligé de s'évader lorsqu'il comprend que son ex codétenu est prêt à lui coller ses crimes sur le dos en les maquillant, tout en mettant en danger l'entourage de Franck Adrien. Après son évasion, il doit fuir une commissaire intelligente et doté d'une abnégation sans faille (Alice Taglioni, plutôt convaincante dans un autre rôle que celle de potiche blonde et sexy), tout en recherchant Jean-Louis Maurel, grand sadique psychopathe et tueur en série (incarné par un excellent Stéphane Debac). Le trio est efficace, tourne bien, et l'opposition entre les deux hommes passent à l'excellence. A cela s'ajoute une musique qui renforce l'action du film, gardant toujours à l'esprit ce côté anglo-saxon, puisque le compositeur Norman Fisher-Jones est britannique. Avec du lyrisme et une noirceur évidente, le plan musical complète un jeu de son lui aussi parfaitement en adéquation avec l'identité du film.


NOTE : 14 / 20



28/03/2011
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