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La Princesse de Montpensier: la beauté de Tavernier.

Bertrand Tavernier revient en France avec ce drame historique sous fond de romance, La Princesse de Montpensier.


1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage… Depuis son plus jeune âge, Marie de Mézières (Mélanie Thierry) aime Henri, Duc de Guise (Gaspard Ulliel). Elle est contrainte par son père d'épouser le Prince de Montpensier (Grégoire Leprince-Ringuet). Son mari, appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants, la laisse en compagnie de son précepteur, le Comte de Chabannes (Lambert Wilson). Elle tente en vain d'y oublier sa passion pour Guise, mais devient malgré elle l'enjeu de passions rivales et violentes auxquelles vient aussi se mêler le Duc d'Anjou (Raphaël Personnaz), futur Henri III.


Pour son retour en France après l'intermède douteux où Tavernier dirigea Tommy Lee Jones pour Dans la brume électrique, le réalisateur français signe là une œuvre à la fois romantique et historique, clin d'œil à son amour pour le cinéma. Adaptation d'une œuvre de Madame de La Fayette, La Princesse de Montpensier marque la consécration des talents de réalisateur de Bertrand Tavernier, bien que celui-ci soit reparti les mains vides de Cannes où son film était en sélection officielle. Doublé par Tournée, mais surtout par Des Hommes et des Dieux, ce dernier long métrage de Bertrand Tavernier n'a pourtant rien à envier à ses deux concurrents du moment, tant par son scénario, ses acteurs ou même ses décors.


Tavernier est un habitué des films d'époque, lui qui avait déjà réalisé La Fille de d'Artagnan ou encore Que la fête commence. Il rend ici un hommage profond et amoureux aux films historiques, mais aussi à ceux de cape et d'épée, tout en n'oubliant pas les films de costumes. Il a d'ailleurs confié la tâche à Caroline de Vivaise qui ne volerait pas un futur César. En offrant la musique à un habitué en la personne de Philippe Sarde (Lucie Aubrac, Le Bossu, Les Égarés, Le Grand Meaulne), Tavernier fait revenir la boucle et conclut en beauté ce qu'un film de ce calibre peut demander pour être complètement crédible. Même s'il traîne en longueur sur certaines séquences bavardes et un peu faciles de propos, La Princesse de Montpensier arrive à convaincre sur son final.


Apparaît alors le point incontournable du film: les acteurs et le jeu qui en ressort. Un nouveau César pourrait très bien d'ailleurs être décerner à Lambert Wilson, qui après avoir frappé très fort en père humaniste dans le film à succès de Xavier Beauvois, se retrouve là avec un rôle de composition où son personnages est au milieu d'un conflit sentimentale de grande envergure, alors que lui-même tombe amoureux de la belle Marie. Derrière, on retrouve les talents plus éparses de Gaspard Ulliel (Un long dimanche de fiançailles, Les Égarés, Jacquou Le Croquant) et d'un Grégoire Leprince-Ringuet (Les chansons d'amour, La belle personne, L'autre monde) qui a encore tout à prouver. On aimerait presque plus de présence à l'écran du personnage porté par l'excellent Raphaël Personnaz qui amène à la fois humour et crédibilité sous le costume du Duc d'Anjou. Enfin, une nomination est largement respectable pour la performance de Mélanie Thierry (encore une actrice qui monte).


La Princesse de Montpensier permet à Bertrand Tavernier de rendre hommage à un cinéma qu'il connaît bien, à travers un film romantique presque politique, porté par des acteurs qui donnent ici toute la portée de leurs talents. *

NOTE : 14.5 / 20



LA PRINCESSE DE MONTPENSIER : BANDE-ANNONCE HD
envoyé par baryla. - Regardez plus de films, séries et bandes annonces.


04/11/2010
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