La Brindille : Christa Théret accouche d'un beau rôle
La Brindille met à l'honneur la jeune actrice espoir française Christa Théret pour un rôle de composition sur un sujet connu, mais néanmoins pesant.
Sarah, 20 ans, se lance avec détermination dans la vie active lorsqu’elle apprend avec stupeur qu’elle est enceinte de six mois. Elle ne veut pas d’enfant, pas maintenant. Bouleversée, elle se retrouve déchirée entre sa soudaine condition de future maman et la vie de femme indépendante qu'elle recherche tant.
La Brindille aurait très pu être un
téléfilm passant le samedi après-midi sur TF1 que personne n'y
aurait trouver à redire. Mais non ! C'est au cinéma que le premier
film d'Emmanuelle Millet (qui sera sûrement en course du côté des César)
déploie ses belles ailes. Il y a un sujet très grave en tête
d'affiche, qui concerne et touche beaucoup de femmes en France, et
dans le monde par extension. Cette Sarah est un peu à l'image d'un
combat de la femme dans ces temps récents. Prête à se lancer dans
la vie active, elle reçoit coup sur coup deux nouvelles
retentissantes. D'une part son stage dans un musée ne se transforme
pas en CDD malgré sa bonne volonté, et surtout à cause d'un
malaise qui égratigne au passage un tableau. Ce point plus social
est un témoignage de la difficulté du jeune diplômé à avoir une
place professionnelle dans la société actuelle, et notamment dans
un secteur culturel très dense. Cela reste du détail, presque
anecdotique, facile à construire, mais assez représentatif d'un
film qui a été construit dans une simplicité évidente, afin de
toucher le plus grand nombre. Ensuite le second niveau, beaucoup plus
important et faisant l'objet de ce long métrage. La jeune fille
apprend qu'elle est enceinte de six mois, et doit faire face à un
choix qui semblait évident au départ, mais qui sera bien évidemment
très douloureux. Le sujet est connu, rabâché, là n'étant la
question, la réalisatrice et scénariste n'a pas innové, bien que
la thématique de l'accouchement sous X soit assez peu évoquée au
cinéma.
Le point fort du film réside dans la performance de Christa Théret, définitivement dans tous les plans du film. Elle incarne une seule fille déterminée, solitaire et souvent silencieuse. Un rôle de composition pour une actrice qui avait connu le succès dans LOL Avant d'étonner chez Blier (Le bruit des glaçons) ou encore toucher chez Blumers (Mike). Mais cette fois-ci seule, la jeune actrice prouve qu'elle a suffisamment de talent pour tenir sur un sujet dur et loin d'être facile à interpréter face à la caméra. Si le film dans l'ensemble manque de gravité et se renforce dans un final qui appelle au larmoyant (le sujet est obligé de s'y prêter), il reste agréable à regarder, touchant dans son discours, sincère dans son interprétation, doux dans sa bande originale. En revanche, il n'évite pas quelques jugements faciles (du style « vous auriez dû regarder votre bébé, vous ne pouvez pas faire comme s'il n'existait pas ») un peu convenus et qui laissent à penser que ce genre de répliques se devaient d'être placées dans le corps des dialogues, quitter à mal passer à l'écran.
NOTE : 13 / 20
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